Gestion des fonds publics : l’ADHA plaide pour une société civile impartiale et cohérente et appelle à une vigilance citoyenne sans parti pris

Face aux débats qui agitent actuellement l’espace public sénégalais autour de la gestion des ressources publiques à caractère politique, Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) est sortie de sa réserve pour rappeler les principes qui, selon elle, doivent guider l’action de la société civile dans une démocratie.

Dans un communiqué publié hier 13 juillet 2026, l’organisation estime que le contrôle citoyen de l’utilisation des deniers publics constitue une mission fondamentale des organisations de défense des droits humains. Pour l’ADHA, les citoyens disposent d’un droit légitime d’être informés sur la manière dont les ressources de l’État sont réparties et utilisées par les différentes institutions de la République.

L’organisation souligne toutefois que cette exigence de transparence ne saurait produire les effets attendus si elle est exercée de manière sélective. Selon elle, la crédibilité des organisations de la société civile dépend avant tout de leur capacité à appliquer les mêmes principes à toutes les institutions publiques, indépendamment des rapports de force politiques ou des circonstances.

Trois principes essentiels

Pour préserver leur légitimité, les organisations de la société civile devraient, selon l’ADHA, respecter trois exigences fondamentales.

La première concerne l’égalité de traitement. Toute dénonciation portant sur la gestion des ressources publiques devrait viser avec la même rigueur la Présidence de la République, la Primature, l’Assemblée nationale ainsi que l’ensemble des institutions publiques, sans distinction.

Le deuxième principe est celui de la rigueur dans le discours. L’organisation estime que les critiques doivent s’appuyer exclusivement sur des faits vérifiables, présentés avec objectivité et mesure. Le recours à l’ironie, aux attaques personnalisées ou aux appels à la mobilisation contre une personnalité politique risquerait, selon elle, de brouiller la frontière entre veille citoyenne et militantisme partisan.

Enfin, l’ADHA insiste sur la nécessaire indépendance de la société civile, estimant que celle-ci ne peut conserver son autorité morale qu’en maintenant une distance claire avec les acteurs politiques et leurs affrontements.

Un plaidoyer pour davantage de contrôle

Le communiqué salue également les propositions déjà formulées par plusieurs organisations visant à soumettre les fonds spéciaux des institutions publiques au contrôle systématique de la Cour des comptes.

Une telle réforme représenterait, selon l’organisation, une avancée importante pour renforcer la transparence, la reddition des comptes et la confiance des citoyens envers les institutions.

Au-delà des controverses du moment, l’ADHA invite enfin l’ensemble des organisations de défense des droits humains à faire preuve de cohérence, d’impartialité et de constance dans leurs prises de position afin de préserver leur rôle de vigie démocratique et de promotion de l’État de droit.

Pape Ismaïla CAMARA
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