En marge des échanges consacrés au thème « Structuration et stratégie politiques : la parole à Diomaye Président » sur la Télé Futurs Médias (TFM), Seynabou Sankaré est revenue en profondeur sur une séquence de tensions ayant entouré la production de son œuvre intellectuelle. Une affaire aux allures de plagiat et de sabotage de la publication de sa première œuvre intellectuelle, impliquant notamment l’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye, mais aussi certains proches de l’actuel chef du gouvernement, Ousmane Sonko.
En juillet 2025, la leader du Mouvement des Femmes d’Actions (MFA) et aujourd’hui membre de la Conférence des leaders de la coalition Diomaye Président avait en effet déposé une plainte pour « violation de droit d’auteur, abus de confiance, sabotage intellectuel et divulgation de correspondance privée ».
Retour sur des faits troublants
Le 4 janvier 2025, Seynabou finalisait un ouvrage de recherche intitulé « L’Afrique en quête de souveraineté face aux opportunités des conflits de la géopolitique mondiale », fruit de plusieurs années de travail rigoureux, de recherches approfondies, de relectures croisées et de sacrifices personnels.
Dans une démarche à la fois protocolaire et symbolique, elle avait proposé la préface de l’ouvrage au Premier ministre Ousmane Sonko, qui avait répondu favorablement par courrier officiel. Par souci d’équilibre politique, elle avait également sollicité l’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye, lequel avait accepté en suggérant que la préface revienne à l’actuel chef du gouvernement, tandis qu’il se chargerait de la postface.
Cependant, à la suite de plusieurs séances de travail avec des proches de Ousmane Sonko, Seynabou Sankaré affirme avoir été surprise de constater que Abdoul Mbaye reprenait, voire s’appropriait certains axes de réflexion développés dans son ouvrage. Parallèlement, d’autres publications abordant des thématiques similaires auraient émergé, donnant lieu à une concurrence intellectuelle accrue autour de leur légitimation, notamment via des préfaces sollicitées auprès de maires et de ministres proches du parti Pastef.
De la controverse à l’engagement politique
Loin de s’enfermer dans une posture de dénonciation, Seynabou Sankaré dit avoir transformé cette épreuve en moteur d’engagement. Ce qu’elle qualifie de « revirement spectaculaire » a marqué un tournant décisif dans le parcours de cette journaliste communicante, forte d’une expérience auprès de plusieurs
leaders politiques.
« Rendant grâce à DIEU, après mûre réflexion, et portée par la foi républicaine qui a toujours guidé ma carrière, j’ai décidé d’entrer en politique pour, comme le dit l’adage, apporter «la réponse de la bergère au berger». Voir la jeunesse panafricaine délaissée au profit d’autres figures porteuses de visions vide de sens est, à mes yeux, profondément préoccupant », a-t-elle déclaré.
Elle a par ailleurs salué le lancement de la Fondation Le Sénégal Solidaire, avant de revenir sur les motivations ayant conduit à la structuration de son propre mouvement.
Le MFA, une ambition sociale et économique affirmée
Le Mouvement des Femmes d’Actions (MFA) a récemment franchi un cap décisif avec la tenue de son Assemblée générale, le 9 mars 2026 à Zac-Mbao, dans la cité Asecna.
Se voulant une plateforme d’innovation sociale et de transformation économique, le MFA revendique déjà plus de 400 membres à l’échelle nationale, avec une dynamique d’adhésion croissante. L’organisation ambitionne de renforcer l’autonomisation des femmes et de promouvoir leur participation active au développement des territoires.
À travers cette initiative, Seynabou Sankaré et ses collaboratrices affichent une ambition claire : faire des femmes sénégalaises des actrices centrales du développement économique et social du pays.

