Le rapport 2026 « Les Femmes, l’Entreprise et le Droit » met en évidence des avancées juridiques en Afrique subsaharienne, tout en soulignant la persistance de fortes disparités dans l’accès effectif des femmes aux opportunités économiques.
Publié par le Groupe de la Banque mondiale, le rapport « Les Femmes, l’Entreprise et le Droit 2026 » analyse non seulement les cadres juridiques favorables à l’égalité économique, mais aussi leur mise en œuvre concrète. À l’échelle mondiale, les femmes ne bénéficient en moyenne que d’environ deux tiers des droits accordés aux hommes, avec un score de 67 sur 100 pour le pilier juridique.
L’étude révèle qu’aucune des 190 économies examinées n’a atteint une égalité totale, tandis que seulement 4 % des femmes vivent dans des pays proches de la parité juridique complète. Les disparités les plus marquées concernent la protection contre la violence, l’entrepreneuriat et la garde d’enfants, alors que les obstacles liés à la rémunération continuent de limiter l’accès des femmes aux emplois mieux rémunérés.
En Afrique subsaharienne, le score moyen des cadres juridiques atteint 59,6, contre 67 au niveau mondial. Les mécanismes d’appui destinés à rendre effectifs ces droits demeurent particulièrement insuffisants, avec une moyenne régionale de 33 sur 100. Les experts estiment en outre que l’application des droits économiques des femmes ne dépasse pas 45,4 sur 100.
Depuis octobre 2023, quinze économies de la région ont adopté trente-trois réformes favorables à l’égalité, illustrées notamment par les initiatives de Madagascar ou de la Somalie visant à lever certaines restrictions professionnelles et à renforcer la protection contre les discriminations.
Malgré ces progrès, les domaines de la garde d’enfants et de la sécurité affichent les plus faibles scores, révélant des lacunes persistantes en matière de services de soutien et de protection contre la violence. Les auteurs du rapport soulignent ainsi la nécessité de politiques publiques, de mécanismes d’accès à la justice et de services adaptés pour traduire les réformes juridiques en opportunités économiques réelles pour les femmes.

