Drames migratoires : l’ADHA , une ONG, exige un changement de cap entre le Sénégal et l’Espagne

À l’occasion de la visite officielle du chef de l’État en Espagne, l’ONG Action pour les Droits Humains et l’Amitié tire la sonnette d’alarme et appelle à une rupture profonde dans la gestion de la migration entre les deux pays.

Dans un communiqué publié le 25 mars 2026 à Dakar, l’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) exprime sa vive inquiétude face à la persistance des drames liés à la migration irrégulière entre le Sénégal et l’Espagne.

L’organisation rappelle que la visite du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez en août 2024 avait suscité de grands espoirs, notamment avec l’annonce de mécanismes comme la migration circulaire. Toutefois, selon l’ADHA, aucun bilan public ni évaluation transparente n’a été rendu disponible à ce jour, malgré l’ampleur des enjeux humains.

L’ONG critique également l’efficacité de la migration circulaire, qu’elle juge limitée, sélective et inadaptée aux aspirations de la jeunesse sénégalaise. Elle estime que ce dispositif, dans sa forme actuelle, sert davantage à contrôler les flux migratoires qu’à offrir de véritables opportunités.

Par ailleurs, l’ADHA dénonce la prédominance d’une approche sécuritaire centrée sur la dissuasion et le contrôle des frontières. Une orientation qui, selon elle, ignore les causes profondes des départs et contribue à exposer les migrants à des risques mortels.

Face à cette situation, l’organisation appelle à un changement radical de paradigme, fondé sur le respect des droits humains, l’ouverture de voies légales de migration, la protection des travailleurs migrants et une plus grande transparence dans les accords bilatéraux.

Pour l’ADHA, la visite présidentielle en Espagne doit marquer un tournant décisif. À défaut, avertit-elle, les politiques actuelles continueront de produire les mêmes tragédies.

Pape Ismaïla CAMARA
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