Le député Thierno Alassane Sall accuse Ousmane Sonko et sa majorité parlementaire d’avoir changé de position sur la création d’une commission d’enquête relative au dossier ASER/AEE Power. Il dénonce une contradiction entre leur refus antérieur d’ouvrir une enquête parlementaire et leur volonté actuelle d’y procéder, alors qu’une procédure judiciaire est engagée.
Le dossier des 37 milliards de francs CFA liés à l’ASER continue d’alimenter les tensions entre la majorité et l’opposition. Dans une déclaration, le député Thierno Alassane Sall s’en prend à Ousmane Sonko et aux parlementaires de son camp, qu’il accuse d’avoir opéré un revirement dans leur approche de cette affaire.
L’élu rappelle que, depuis octobre 2024, la majorité s’était opposée à la création d’une commission d’enquête sur le dossier ASER. Il affirme également que, dès le dépôt de sa plainte, le 16 octobre 2025, ses adversaires politiques avaient invoqué l’article 53 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale pour empêcher toute discussion sur l’affaire ASER/AEE Power.
L’article 53 au cœur de la controverse
Thierno Alassane Sall reproche aujourd’hui à la majorité de s’appuyer sur le premier alinéa de ce même article pour justifier l’ouverture d’une enquête parlementaire. Il considère cette démarche comme une contradiction manifeste avec la position précédemment défendue.
Le député estime en outre que l’initiative envisagée se heurte à l’alinéa 3 de l’article 53, qu’il invoque pour rappeler l’interdiction de mettre en place une commission d’enquête parlementaire sur des faits faisant l’objet de poursuites judiciaires.
À ses yeux, cette évolution traduit une utilisation variable des règles parlementaires selon les intérêts politiques du moment. Il accuse ainsi Pastef et ses alliés de recourir à des arguments juridiques contradictoires pour servir leur communication politique.
Cette sortie intervient dans un contexte de vives controverses autour de la régularité de la commission envisagée et de son articulation avec la procédure judiciaire en cours. La position de Thierno Alassane Sall reflète celle d’un acteur directement engagé dans le débat politique ; l’appréciation définitive de la portée des dispositions invoquées relève des instances compétentes.
Au-delà des accusations réciproques, le dossier ASER soulève une question centrale : comment concilier le contrôle parlementaire, la transparence dans la gestion des deniers publics et le respect des prérogatives de la justice ?

