Confection frauduleuse de documents : la DNLT met fin à un système bien huilé à Marsassoum

Un réseau structuré de fabrication frauduleuse de documents d’état civil, impliquant des agents municipaux et des intermédiaires, a été démantelé par la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) à Marsassoum, dans la région de Sédhiou.

L’Antenne régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a mis fin aux activités d’un réseau criminel spécialisé dans la confection frauduleuse de documents d’état civil, opérant au sein même de la mairie de Marsassoum.

L’affaire remonte au mois de novembre 2025, à la suite d’une saisine de la Direction de l’Automatisation du Fichier (DAF). Une ressortissante étrangère avait alors tenté d’obtenir une carte nationale d’identité sénégalaise en produisant un extrait de naissance falsifié. Interpellée, elle est rapidement passée aux aveux, révélant avoir versé la somme de 30 000 francs CFA à un réseau d’intermédiaires, parmi lesquels figurait son propre cousin.

Les investigations approfondies menées par les enquêteurs ont permis de mettre à nu un système de fraude bien organisé, reposant sur une répartition précise des rôles et des gains. Les intermédiaires avaient pour mission de recruter les candidats étrangers et percevaient des commissions variant entre 5 000 et 10 000 francs CFA par dossier.

Au cœur du dispositif figurait le comptable-matière, présenté comme le pivot du réseau. Ce dernier assurait la transmission des identités frauduleuses à la mairie. Mais la pièce maîtresse du système demeurait la responsable du centre d’état civil, qui procédait à la falsification de registres anciens en utilisant des pages vierges pour y insérer indûment de nouvelles identités, contre une rémunération estimée à 7 500 francs CFA par acte.

Au total, quatre individus ont été interpellés et placés en garde à vue pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux dans un document administratif, complicité et obtention indue de documents d’identité. Les registres incriminés ont été placés sous scellés, tandis que l’enquête se poursuit afin d’évaluer l’ampleur réelle du préjudice.

La Police nationale rappelle qu’elle reste pleinement mobilisée pour la protection des populations et invite toute personne disposant d’informations utiles à contacter gratuitement le numéro vert 800 00 17 00.

Saphiétou Mbengue
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