Confrontée à une baisse significative de ses activités et à des difficultés financières, la Direction générale de l’Agence d’Exécution des Travaux d’Intérêt Public (AGETIP) a décidé de recourir au chômage technique pour une partie de son personnel. Une mesure qui suscite une vive contestation en interne, certains employés y voyant un règlement de comptes.
Face à une conjoncture économique jugée défavorable, la Direction générale de l’AGETIP a enclenché un plan de contingence visant à réduire ses charges de fonctionnement. Selon une note circulaire interne, l’Assemblée générale a autorisé, à titre exceptionnel, le Directeur général El Hadji Malick Gaye à appliquer le dispositif de chômage technique, conformément à l’article L65 du Code du travail sénégalais et aux conventions collectives en vigueur, rapporte le quotidien Tribune.
Dans cette note, la direction informe les agents concernés de leur placement en chômage technique à compter du 1er février 2026 pour une durée de six mois. Durant cette période, l’exécution du contrat de travail est suspendue, sans versement de rémunération mensuelle. Une décision que la direction présente comme strictement provisoire, destinée à préserver la continuité des activités de l’Agence.
Mais sur le terrain, la pilule passe mal. Plusieurs employés dénoncent une décision unilatérale, prise dans un contexte où l’AGETIP ne dispose ni de syndicat, ni de délégués du personnel.
« Le directeur général se sert de la conjoncture comme prétexte. Il règle ses comptes avec certains employés. Nous sommes sans défense », confie un agent concerné.
Entre vendredi et lundi, 14 employés ont reçu des notifications d’arrêt de travail, une situation assimilée par certains à un licenciement déguisé. Un collectif serait en gestation pour contester la mesure et interpeller les plus hautes autorités, notamment le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, souligne encore le quotidien Tribune.

