CAN 2025 Succès des Lions : Pape Sadio Thiam conteste toute récupération politique

Réagissant à une analyse reliant la CAN 2025 au leadership politique, Pape Sadio Thiam déconstruit l’idée d’un lien mécanique entre succès sportif et légitimité du pouvoir, appelant à une lecture plus rigoureuse des faits politiques.

Dans une tribune adressée à Babacar Gaye, présenté comme analyste politique, Pape Sadio Thiam propose une relecture critique des tentatives d’interprétation politique de la victoire des Lions du Sénégal à la CAN 2025. S’il reconnaît l’intérêt intellectuel de l’exercice, il en conteste les fondements méthodologiques et conceptuels.

Au cœur du débat, l’idée selon laquelle le sacre continental constituerait un facteur de recomposition symbolique du leadership politique. Pour Pape Sadio Thiam, cette hypothèse repose sur une confusion majeure entre émotion populaire et légitimité institutionnelle. « En science politique, la légitimité découle avant tout du consentement démocratique, non de phénomènes affectifs circonstanciels », rappelle-t-il.

L’auteur critique également un cadrage jugé excessivement dramatisé, évoquant crise démocratique et fragilité du pouvoir sans indicateurs objectivés. Une telle contextualisation, estime-t-il, relève davantage de la rhétorique que de l’analyse scientifique et tend à transformer la CAN en événement politique fondateur.

Paradoxalement, souligne Pape Sadio Thiam, l’analyse reconnaît que la performance sportive est le fruit d’investissements structurels engagés sur le long terme : infrastructures, formation, stabilité technique. Une reconnaissance qui affaiblit, selon lui, la thèse d’une rupture politique imputable au seul régime en place.

Autre point central : supposer que le président Bassirou Diomaye Faye tirerait de cette victoire un gain de légitimité revient à postuler qu’il en manquait auparavant, une hypothèse non démontrée. « Dans un système démocratique, la légitimité ne se consolide ni ne s’érode au gré des résultats sportifs », tranche-t-il.

Enfin, l’auteur met en garde contre la tentation de confondre visibilité médiatique et pouvoir réel, notamment dans l’analyse des relations entre le président et son Premier ministre. Pour lui, la CAN 2025 demeure avant tout une victoire sportive collective, et non un instrument autonome de légitimation politique.

Michel DIEYE

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