La fixation du prix du riz brisé ordinaire à 300 F CFA le kilogramme constitue une avancée sociale, mais son efficacité dépendra de la rigueur des mécanismes de contrôle du marché.
Comme le souligne Souleymane Jules Sène, la décision du ministère du Commerce de fixer le prix du riz brisé ordinaire à 300 F CFA le kilogramme à Dakar, entrée en vigueur le 6 janvier 2026, est largement perçue comme un soulagement pour les ménages et un pas important vers la consolidation de la sécurité alimentaire.
Cependant, relève Souleymane Jules Sène, sans un dispositif de contrôle strict et structuré, cette mesure risque de rester largement théorique. De nombreux commerçants pourraient invoquer l’argument des anciens stocks acquis à des prix antérieurs pour maintenir les anciens tarifs, une pratique qui nécessite une vérification objective.
À cet effet, un contrôle en amont, notamment auprès des importateurs grossistes, apparaît indispensable. L’analyse des volumes importés, des dates d’entrée et des prix de cession permettrait à l’État de déterminer la réalité des stocks concernés et, le cas échéant, de fixer un délai encadré pour leur écoulement.
Selon toujours l’analyste, sans cette approche systémique, la baisse réglementaire pourrait ne jamais atteindre le consommateur final. Une politique de prix efficace exige donc une traçabilité rigoureuse des flux et des sanctions dissuasives en cas de non-respect.

