Affaire Mohamed Mbow : quand l’administration ravive le débat sur le devoir de réserve

La mise à disposition de Mohamed Mbow, chef du Bureau de suivi au ministère de l’Emploi, suscite une vive controverse. L’intéressé dénonce une sanction politique, tandis que l’administration évoque une décision relevant de son pouvoir hiérarchique.

Un arrêté signé le 6 janvier 2026 par le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, Amadou Moustapha Ndick Sarré, met fin aux fonctions de Mohamed Mbow, chef du Bureau de suivi auprès du Secrétariat général du ministère, rapporte le quotidien EnQuête. L’acte administratif place l’intéressé à la disposition de la Direction des ressources humaines, avec effet immédiat, sans en préciser les motifs.

Dans une contribution rendue publique le même jour, Mohamed Mbow affirme que cette décision fait suite à deux publications exprimant ses opinions politiques au sein de la coalition Diomaye Président. Il y voit un « abus de pouvoir » et rappelle que les droits politique et syndical sont garantis par la Constitution.

Selon lui, aucune faute professionnelle ne peut lui être reprochée et l’administration devrait rester fondée sur la neutralité et la tolérance démocratique. « Le Sénégal nouveau ne peut se construire sur la peur », soutient-il, tout en se disant prêt à assumer ses convictions « dans la dignité et la légalité ».

Si la mesure relève du pouvoir hiérarchique, souligne le quotidien EnQuête, elle relance un débat récurrent : jusqu’où s’étend la liberté d’expression du fonctionnaire et comment s’applique le devoir de réserve dans un contexte politique en mutation ? Pour l’heure, aucune clarification officielle n’a été apportée sur les raisons exactes de la décision.

Mamadou Nancy Fall
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