Controversé après les interpellations du député non inscrit Thierno Alassane Sall, le marché d’acquisition des véhicules destinés aux députés fait l’objet de nouvelles explications de la part de sources proches de l’Assemblée nationale. Celles-ci justifient le choix de Central Motors par l’urgence de l’opération et par les facilités de paiement proposées par l’entreprise. Elles assurent également que les autorisations requises ont été obtenues et que le dossier prévoyait un dispositif de service après-vente.
L’Assemblée nationale entend défendre la régularité de la procédure d’acquisition des véhicules destinés aux parlementaires. Dans un article consacré à cette affaire, le quotidien EnQuête rapporte les explications de sources proches de l’institution, qui ont souhaité répondre aux critiques formulées autour du marché.
Selon ces interlocuteurs, le contrat a été attribué à Central Motors à l’issue d’un appel d’offres restreint, une procédure qu’ils justifient par l’urgence de doter les députés de véhicules. Certains parlementaires ne disposaient pas de moyens de transport adaptés et se rendaient même à l’Assemblée à bord de motocyclettes, communément appelées « Jakarta », expliquent-ils.
Les sources affirment que la procédure a été conduite dans les règles et que les autorisations nécessaires, notamment celle de la Direction centrale des marchés publics (DCMP), avaient été obtenues au préalable.
Les facilités de paiement au cœur du choix de Central Motors
L’un des principaux points soulevés concerne le choix de Central Motors, alors que d’autres entreprises avaient été sollicitées. Sur ce point, les interlocuteurs d’EnQuête soutiennent que CFAO avait présenté la meilleure offre, mais que les discussions n’avaient pas abouti en raison des modalités de paiement.
L’Assemblée nationale ne disposant pas, selon eux, des fonds nécessaires pour régler la totalité du montant à la livraison, elle aurait proposé un paiement étalé sur trois ans. Central Motors aurait été la seule entreprise à accepter cette condition.
Les sources réfutent également les affirmations établissant un lien entre l’entreprise retenue et Cheikh Gueye. Elles précisent que Central Motors et CFAO sont les deux sociétés disposant de la licence Toyota au Sénégal. Parmi les autres entreprises sollicitées figuraient Universel Import-Export (Unimex), Caetano Formula Sénégal et Senfom International SARL.
Le quotidien rapporte par ailleurs que les véhicules ont été assemblés en Belgique avant leur acheminement à Dakar.
La question du service après-vente reste au centre du débat
L’autre point de controverse concerne la maintenance des véhicules. Les critiques adressées à l’Assemblée nationale portent notamment sur le respect des exigences du dossier d’appel d’offres en matière de service après-vente.
Les sources proches de l’institution rejettent ces accusations. Elles assurent que le marché attribué à Central Motors comprend bien un dispositif de service après-vente. Selon leurs explications, le marché d’entretien, de maintenance et de réparation mentionné dans le plan de passation des marchés de 2026 concerne plutôt les anciens véhicules acquis en 2023.
Le dossier d’appel d’offres exigeait notamment un service après-vente, un magasin de stockage de pièces de rechange d’origine ainsi qu’un atelier d’entretien et de réparation doté d’équipements adaptés et de personnel qualifié.
Le recours à la procédure dérogatoire en question
Sur le plan réglementaire, les marchés de fournitures des institutions constitutionnelles atteignant le seuil de 50 millions de FCFA doivent, en principe, être passés par appel d’offres ouvert. Le Code des marchés publics prévoit toutefois des dérogations dans des circonstances précises, notamment lorsque l’urgence impose une action rapide à l’autorité contractante.
L’article 74, alinéa 2, cité dans les éléments du dossier, encadre le recours à l’appel d’offres restreint et prévoit l’intervention préalable de l’organe chargé du contrôle des marchés publics. L’urgence invoquée ne doit cependant pas résulter du fait de l’autorité contractante elle-même, qui doit justifier la nécessité de prévenir un danger ou un retard préjudiciable.
Le débat porte donc autant sur les raisons avancées pour justifier le choix de Central Motors que sur le respect des conditions légales encadrant la procédure. Les explications rapportées par EnQuête exposent la position de l’Assemblée nationale, tandis que la régularité du marché demeure au cœur des interrogations soulevées dans cette affaire.

