Une intrusion dans la plateforme de services financiers numériques exploitée par GSIE Technology a permis à des individus d’accéder frauduleusement à 1 219 comptes clients et de tenter plusieurs opérations de transfert. Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, 842 transferts représentant 168,2 millions de FCFA n’ont pas pu être retirés, tandis que 79 autres virements instantanés, d’un montant total de 11,043 millions de FCFA, ont abouti. Une élève en classe de Terminale figure parmi les personnes interpellées dans le cadre de l’enquête.
L’affaire met en lumière les risques liés à la compromission des données et des accès aux plateformes financières numériques. D’après le quotidien Libération, GSIE Technology a porté plainte contre X auprès de la Division spéciale de cybersécurité (DSC), notamment pour association de malfaiteurs, accès et maintien frauduleux dans un système informatique, escroquerie, collecte illicite et vol de données à caractère personnel, ainsi qu’obtention frauduleuse d’avantages ou complicité.
La société intervient dans l’édition et l’exploitation des plateformes de services financiers numériques Avia, mises à la disposition de son partenaire, l’institution de microfinance ACEP, et de la clientèle de cette dernière. Ces outils permettent notamment aux clients d’accéder à leurs comptes et d’effectuer des virements instantanés par l’intermédiaire du système de paiement interopérable de l’UEMOA, le PI-SPI.
Les faits remontent aux 12 et 13 septembre, dates auxquelles une intrusion aurait été détectée dans la plateforme, à la faveur de l’exploitation d’une faille applicative. Des programmes malveillants, désignés sous le nom de « web shells », auraient été déposés, tandis que des données, notamment des identifiants et mots de passe de clients, auraient été extraites. Un accès non autorisé aux interfaces d’administration aurait également été constaté.
Plus de 179 millions de FCFA visés ou transférés
Le 22 septembre au soir, les présumés auteurs auraient lancé des connexions automatisées aux comptes des clients à l’aide des identifiants dérobés. Au total, 1 219 comptes auraient été consultés frauduleusement.
Le lendemain, entre 2 h 03 et 3 h 21, la création automatisée de 39 portefeuilles électroniques fictifs a été constatée. Enregistrés sous de fausses identités et rattachés aux numéros de téléphone des bénéficiaires présumés, ces portefeuilles auraient servi à recevoir 842 transferts initiés depuis 35 comptes clients. Le montant total de ces opérations s’élève à 168 200 500 FCFA. La plupart des transferts auraient été effectués par tranches de 200 000 FCFA, mais les fonds n’ont pas pu être retirés.
Dans l’après-midi du 23 septembre, une autre série d’opérations aurait permis l’exécution de 79 virements instantanés depuis 23 comptes clients vers huit portefeuilles Orange Money, pour un montant cumulé de 11 043 000 FCFA. Contrairement aux précédents transferts, ces opérations irrévocables ont abouti.
Une élève de Terminale parmi les bénéficiaires identifiés
Dans le cadre de ses investigations, la DSC a pu identifier les bénéficiaires des fonds transférés. Parmi eux figure A. A. Diop, âgée de 22 ans et élève en classe de Terminale dans un établissement privé de la Zone B, à Dakar. Elle aurait reçu un transfert de 1,8 million de FCFA.
Interrogée sur l’origine de cette somme, la jeune femme aurait expliqué avoir reçu un appel téléphonique provenant de Côte d’Ivoire. Son interlocuteur lui aurait demandé de retirer l’argent et de conserver 200 000 FCFA à titre de commission. Elle n’aurait toutefois fourni aucun élément permettant d’étayer cette version, selon les informations publiées par Libération.
L’enquête se poursuit afin de déterminer les responsabilités des différentes personnes impliquées et de préciser les circonstances de cette opération de cybercriminalité présumée.

