Le système sanitaire sénégalais traverse une période difficile, marquée par les conflits sociaux, la rétention des données sanitaires, les difficultés financières des structures et les conséquences des fortes pluies. Dans un entretien accordé à Vox Populi, Mballo Dia Thiam, président d’And Gueusseum et secrétaire général du SUTSAS, tire la sonnette d’alarme.
Pour Mballo Dia Thiam, la situation du système sanitaire sénégalais est particulièrement préoccupante. « Le système sanitaire est dans une véritable zone de turbulence à l’instar d’un avion traversant des orages », estime-t-il dans cet entretien accordé à Vox Populi.
Le responsable syndical revient notamment sur le 17e plan d’action d’And Gueusseum. Il explique cette succession de mouvements par une mauvaise appréciation, selon lui, du passif social et de la manière de le prendre en charge. Il rappelle également que les accords bilatéraux résiduels conclus avec le gouvernement en 2022 doivent désormais être matérialisés par des actes et des livrables.
Son diagnostic du secteur est marqué par plusieurs facteurs : maladies chroniques nécessitant des soins coûteux, épidémies émergentes ou pandémies, climat social tendu et conflits récurrents. À cela s’ajoutent, selon lui, la rétention des données sanitaires et sociales ainsi que des difficultés de production et de trésorerie dans les établissements publics et les centres de santé.
Concernant les plaintes relatives à l’accueil dans les structures sanitaires, Mballo Dia Thiam estime que le mauvais accueil, bien que réel et condamnable lorsqu’il survient, ne constitue pas la règle. Il évoque notamment le déficit de spécialistes et le manque de places dans certaines structures, qui alimenteraient les tensions.
Il appelle aussi les écoles et instituts de formation à renforcer l’enseignement de l’éthique, de la déontologie et de la morale professionnelle, qu’il considère comme des fondements essentiels d’un bon accueil et de l’empathie envers les usagers.
Les fortes pluies constituent également une source d’inquiétude. Le syndicaliste signale plusieurs établissements sanitaires touchés, dont le centre de santé Philippe Maguilene Senghor de Yoff. Il réitère son appel à sa fermeture et à sa délocalisation. Il évoque également la situation de l’hôpital de Richard-Toll, dont il estime qu’il mérite lui aussi d’être délocalisé.
Sur la diphtérie, Mballo Dia Thiam redoute que l’épidémie ne prenne un caractère endémique. Vox Populi rapporte enfin son appel au gouvernement à respecter ses engagements afin de favoriser la fin des mouvements de grève et de la rétention des données.

