Le Front pour une Révolution Anti-impérialiste et Panafricaine (FRAPP) refuse que l’affaire Softcare soit classée après la présentation du rapport de la Mission d’information de l’Assemblée nationale. Dans un communiqué daté du 3 octobre 2026, le mouvement dénonce ce qu’il considère comme une tentative de refermer un dossier qui, selon lui, soulève encore plusieurs interrogations.
Le FRAPP affirme que le rapport parlementaire confirme la présence de matières premières périmées dans l’usine de Sindia, dont 2 260 kilogrammes auraient été incinérés. Il évoque également des messages internes contenant, selon lui, des consignes explicites d’utilisation de ces matières ainsi que des messages vocaux faisant état d’un usage habituel.
Le mouvement pointe par ailleurs l’incomplétude de l’historique des stocks transmis à l’Assemblée nationale. Il met également en avant la décision attribuée à l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique de remettre les produits sur le marché le 16 décembre 2025, malgré l’avis contraire de ses propres inspecteurs.
Le FRAPP relève aussi l’absence, selon lui, d’une analyse scientifique indépendante commandée dans le cadre de l’affaire et l’absence de mise sous scellés. Il dénonce enfin le retard dans l’adoption du décret destiné à encadrer ces produits, attendu depuis juin 2023.
Si la mission parlementaire n’a pas pu établir avec certitude que les matières périmées ont été utilisées dans la fabrication des produits, le FRAPP estime que cette incertitude résulte précisément des carences de l’État. Le FRAPP, qui refuse toute clôture du dossier, considère que les investigations doivent se poursuivre afin de permettre l’établissement des faits.
Le mouvement rappelle également que, dès mars 2026, le ministre de la Santé avait publiquement disculpé l’entreprise alors que les travaux parlementaires n’étaient pas achevés. Il dénonce aujourd’hui la demande du Gouvernement visant à arrêter les enquêtes.
Le FRAPP exige ainsi la création d’une commission d’enquête parlementaire et la poursuite des investigations menées par la section de recherches de la Gendarmerie de Thiès et par l’OFNAC.
À défaut d’un engagement clair du Parlement lors de la prochaine session, annoncée pour le 13 octobre, le mouvement menace de déposer plainte contre Softcare et contre X auprès du procureur de la République. Il annonce également vouloir mettre en demeure le Président de la République et le Premier ministre d’adopter le décret prévu à l’article 42 de la loi n°2023-06, avec la possibilité de saisir la Cour suprême en cas de refus.

