À l’approche de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies et de Climate Week NYC, Greenpeace Afrique et le Mouvement pour la Justice Climate (MJC) interpellent le président congolais Félix Tshisekedi sur l’avenir du Couloir Vert Kivu-Kinshasa. Les deux organisations demandent un moratoire sur les nouveaux projets pétroliers, gaziers et miniers dans cette vaste zone consacrée à la conservation et au développement durable.
Greenpeace Afrique et le Mouvement pour la Justice Climate (MJC) ont adressé une lettre ouverte au président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour demander des mesures destinées à renforcer la protection du Couloir Vert Kivu-Kinshasa.
L’appel intervient à l’approche de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies et de Climate Week NYC. Les organisations estiment que l’ambition affichée par la RDC de se positionner comme « Pays-Solution » face aux crises climatique et environnementale doit également se traduire, selon elles, par des décisions nationales cohérentes.
Créé par le décret n°25/01 du 15 janvier 2025, le Couloir Vert Kivu-Kinshasa constitue, d’après les éléments communiqués par Greenpeace Afrique, une initiative majeure de la RDC en matière de conservation et de développement durable.
Mais l’organisation affirme que son analyse publiée en juillet 2026 fait apparaître une importante superposition entre l’espace consacré à la conservation et certaines activités extractives.
Des millions d’hectares concernés
Selon Greenpeace Afrique et le MJC, les permis miniers couvriraient 12,3 millions d’hectares, soit 23 % de la superficie du Couloir Vert. L’analyse citée estime par ailleurs que 3,4 millions d’hectares d’aires protégées seraient exposés à des risques liés à ces activités.
Les organisations indiquent également que 72 % du Couloir Vert seraient couverts par 28 blocs pétroliers. Elles attirent particulièrement l’attention sur les forêts primaires, les tourbières, les forêts des communautés locales ainsi que les territoires traditionnels des Peuples Autochtones.
Pour Georges Milumbu, directeur pays de Greenpeace Afrique en RDC, la vocation de conservation du Couloir Vert ne serait pas compatible avec l’expansion de nouveaux projets extractifs. Il estime que la protection de cet espace concerne à la fois les forêts, les tourbières, la biodiversité et les droits des communautés qui en dépendent.
Un moratoire sur les nouveaux projets
Dans leur lettre ouverte, Greenpeace Afrique et le MJC demandent donc au président Félix Tshisekedi d’instaurer un moratoire sur les nouveaux projets pétroliers, gaziers et miniers à l’intérieur du Couloir Vert Kivu-Kinshasa.
Les deux organisations réclament également l’exclusion des activités extractives des forêts primaires, des tourbières, des aires protégées, des terres communautaires et des territoires traditionnels des Peuples Autochtones et des communautés locales.
Elles plaident en outre pour une gouvernance plus inclusive, comprenant la participation effective des populations concernées, le respect de leurs droits fonciers et la garantie de leur consentement libre, préalable et éclairé.
Dans leur appel, Greenpeace Afrique et le MJC demandent enfin une cohérence entre les politiques de conservation de la RDC, ses engagements climatiques et ceux relatifs à la biodiversité, ainsi que les décisions prises dans le domaine de l’exploitation des ressources naturelles.
Pour Toussaint Molenge, coordonnateur régional forêts et biodiversité, l’objectif affiché n’est pas de remettre en cause l’ambition du Couloir Vert, mais de contribuer à lui donner la crédibilité nécessaire. Les organisations estiment que cette initiative peut constituer un symbole du leadership environnemental de la RDC, à condition que sa vocation de conservation soit préservée.

