Le départ de Fadilou Keïta de la Direction générale de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) est désormais officiel. L’ancien directeur général a confirmé la fin de ses fonctions après la publication du décret n°2026-1604 du 10 septembre 2026 mettant un terme à son mandat. Une sortie qui intervient au terme d’une période marquée par plusieurs épisodes de tension autour de son maintien à la tête de l’institution.
Selon le quotidien Le Témoin, Fadilou Keïta a ainsi quitté officiellement ses fonctions, tandis qu’Amadou Lamine Guissé, jusque-là secrétaire général de la CDC, a été désigné directeur général par intérim. Il devra assurer la continuité de la gestion de l’institution dans l’attente du recrutement d’un nouveau directeur général.
Le départ intervient après plusieurs semaines de tensions. En juillet dernier, Fadilou Keïta avait publiquement déclaré qu’il resterait à son poste « même viré », rappelant les quinze années passées au sein de la CDC, où il avait commencé comme analyste financier avant d’accéder à la Direction générale.
Quelques jours plus tard, le 4 juillet, il avait retiré sa carte de membre du Pastef au siège du parti. Ce geste avait alors été interprété comme un signe de divergences au sein de la majorité. Le quotidien Le Témoin rapporte également, avec les précautions d’usage, que Fadilou Keïta aurait envisagé de démissionner avant que le chef de l’État ne mette finalement fin à ses fonctions.
Cette version n’est toutefois pas confirmée officiellement. Le décret présidentiel constitue, à ce stade, l’élément formel actant la fin de son mandat.
Le changement à la tête de la CDC intervient dans un contexte plus large de mouvements au sein de l’administration et des structures publiques. Le Conseil des ministres du 10 septembre avait ainsi entériné 87 nominations et limogeages.
Le départ de Fadilou Keïta continue par ailleurs de susciter des réactions. Dans un communiqué publié le 15 septembre, le Rassemblement des Travailleurs du Sénégal (RTS) estime notamment que cette décision constitue « la correction d’une anomalie » de gouvernance.
L’organisation syndicale réclame surtout un examen approfondi de la gestion de la CDC depuis avril 2024. Elle évoque notamment des licenciements contestés, dont celui de 42 travailleurs, l’éloignement de cadres expérimentés ainsi que diverses décisions managériales et orientations stratégiques.
Le RTS demande ainsi un audit administratif, financier, social et managérial de l’institution, ainsi qu’une évaluation des conventions et partenariats annoncés ces dernières années. Le syndicat souhaite également que la situation des travailleurs ayant estimé avoir subi des décisions injustes soit examinée de manière impartiale.

