Nouveau Code de sécurité sociale : les retraités et les syndicats annoncent une riposte contre le ministre Dianté

Les associations nationales de retraités du Sénégal et le Front syndical pour la défense du travail affichent leur opposition au nouveau Code du travail et au Code unique de sécurité sociale adoptés par l’Assemblée nationale. Réunis à Dakar autour de Mody Guiro, premier vice-président du Conseil d’administration de l’IPRES et secrétaire général de la CNTS, les représentants des retraités ont dénoncé des dispositions qu’ils jugent préoccupantes pour la protection sociale et les droits des travailleurs.

La rencontre a réuni notamment l’Association des Retraités du Sénégal (ARS), l’Association Générale des Allocataires des Régimes de Retraite (AGARR), l’Amicale des Travailleurs de l’IPRES à la Retraite (ATIR), l’Association des Retraités, Veuves et Orphelins du Sénégal (ARVOS), l’Arivpape, l’Union Nationale des Retraités du Sénégal (Unarsen) et l’Association Nationale des Retraités de la Sonatel (ANARS).

Dans une résolution, les participants s’en prennent particulièrement au ministre du Travail, de la Fonction publique et de la Réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté, à qui le Front syndical reproche d’avoir rompu le principe de consultation avec les partenaires sociaux et d’avoir introduit, selon eux, des modifications substantielles sans concertation.

Le Front, qui regroupe douze centrales syndicales, estime que le nouveau dispositif, adopté selon ses termes en « forcing » et pas encore promulgué, pourrait remettre en cause l’autonomie de gestion de l’IPRES obtenue dans les années 1990.

Les retraités s’inquiètent notamment d’une éventuelle intervention directe de l’État dans la nomination ou la révocation du directeur général de l’IPRES. Ils rappellent à ce propos la crise de 1991, période durant laquelle l’État intervenait directement dans la gestion de l’institution et avait utilisé ses ressources pour financer la campagne agricole, entraînant une cessation de paiement.

Les organisations de retraités soulignent également que l’État serait aujourd’hui redevable de plus de 100 milliards de francs CFA à l’IPRES, selon les éléments avancés lors de la rencontre.

Face à cette situation, plusieurs actions ont été arrêtées. Les organisations comptent demander une audience au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, saisir le Bureau international du Travail (BIT) et organiser des marches à travers le territoire national.

Elles envisagent également une grève générale de 72 heures, après le mouvement de 24 heures observé le 10 juillet dernier, ainsi que des rencontres d’information avec les délégués syndicaux dans les entreprises. Selon la résolution issue de la rencontre, cette mobilisation vise à défendre l’autonomie de gestion de l’IPRES et les acquis en matière de protection sociale

Pape Ismaïla CAMARA
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