Éducation, Passif social, FDU, retraite à 65 ans… : le G7 hausse le ton et exige de l’Etat l’application des accords signés

Le G7, cadre unitaire regroupant les syndicats les plus représentatifs du secteur de l’éducation et de la formation, veut maintenir la pression sur le Gouvernement pour obtenir l’application effective des accords conclus avec les organisations syndicales. Réuni en plénière jeudi 6 août 2026 au siège du SAEMSS, le regroupement syndical a dressé le bilan de l’année scolaire, analysé les résultats des examens et passé en revue la situation du secteur.

Dans son communiqué, le G7 s’est d’abord félicité de la forte mobilisation des enseignants au cours de l’année autour de la revendication relative à l’apurement du passif social. Il a salué l’engagement des différents acteurs et, particulièrement, celui des syndicats du secteur, qu’il considère comme déterminant dans la conduite de la lutte.

Toutefois, le G7 déplore les lenteurs observées dans la mise en œuvre de plusieurs engagements gouvernementaux. Parmi les points toujours en attente figurent l’étude sur le système de rémunération, l’examen de la possibilité de relever l’âge de la retraite à 65 ans, la digitalisation du paiement des indemnités d’examen et la suppression des abris provisoires.

Selon le communiqué du G7, ces différents engagements avaient fait l’objet d’un échéancier arrêté d’un commun accord avec le Gouvernement. Mais, malgré ce calendrier, les syndicats estiment qu’aucune avancée significative n’a été enregistrée sur plusieurs dossiers.

Le regroupement syndical s’est également penché sur le suivi de la Formation diplômante des enseignants (FDU). Il condamne le non-respect, par le ministère de l’Éducation nationale, des engagements pris vis-à-vis des structures contractantes. Cette situation aurait notamment entraîné la suspension de formations par le CNEPS ainsi que le blocage de certains examens finaux.

Le G7 exige ainsi le respect des engagements et le paiement « sans délai » de l’enveloppe destinée à la FDU. Il dénonce également le retard accusé dans la convocation de la rencontre devant restituer les travaux des comités techniques chargés de réfléchir sur les indemnités des agents occupant des fonctions administratives et dirigeantes, ainsi que sur celles destinées aux détenteurs de classes EFA.

Dans son communiqué, le G7 prévient qu’en cas de persistance de ce qu’il qualifie d’immobilisme, il n’exclut pas d’interpeller directement les plus hautes autorités afin d’obtenir le respect des échéanciers liés aux accords.

Le regroupement syndical prend par ailleurs acte du démarrage effectif de l’audit du dispositif de paiement des rappels. Il réclame cependant une opération transparente et souhaite que toutes les informations nécessaires soient mises à la disposition du cabinet d’audit indépendant qui représente les syndicats.

Sur la gouvernance du secteur, le G7 dénonce également la mise à l’écart des organisations syndicales représentatives lors de la revue du programme sectoriel de l’éducation et de la formation. Il critique aussi la démarche adoptée dans le cadre de la refondation curriculaire, estimant que les syndicats ne doivent pas être associés en dernier ressort.

Le G7 plaide ainsi pour une démarche véritablement inclusive permettant aux organisations syndicales de jouer pleinement leur rôle. Il salue toutefois les améliorations constatées lors des assises de la Commission nationale de mutation des enseignants et recommande davantage de transparence dans ce processus.

Concernant l’audit physique et biométrique des agents de l’État, le G7 déplore des dysfonctionnements et un manque de planification stratégique qui auraient engendré plusieurs difficultés. Il demande la mise en place d’un mécanisme de suivi permettant notamment aux agents victimes de problèmes techniques de pouvoir être correctement enrôlés.

Les syndicats dénoncent également les difficultés récurrentes rencontrées par les enseignants lors des inscriptions aux CAP 2026 sur la plateforme E-carrière. Ils demandent au ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du secteur public de respecter son engagement concernant la cooptation d’administrateurs pour les organisations syndicales.

Malgré ces critiques, le G7 s’est réjoui des résultats obtenus aux examens de la formation professionnelle et technique, au CFEE, au BFEM et au baccalauréat en 2026. Pour les syndicats, ces performances traduisent le professionnalisme et l’expertise du corps enseignant.

Dans son communiqué daté du 6 août, le G7 exhorte enfin le Gouvernement à prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer l’effectivité de l’académisation du BFEM à partir de 2027.

À travers cette prise de position, le G7 entend maintenir la pression pour obtenir la concrétisation des engagements pris en faveur des enseignants et la résolution des principaux problèmes qui affectent encore le système éducatif

Pape Ismaïla CAMARA
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