Naufrage à Djibanar : deux bébés périssent dans le chavirement d’une pirogue

Une traversée fluviale a tourné au drame, jeudi matin, dans la région de Sédhiou. Une pirogue artisanale reliant Djiredi à Djibanar a chaviré alors qu’elle transportait onze passagers, principalement des femmes et des enfants qui se rendaient à une cérémonie de mariage à Kounayang. Le bilan fait état de deux enfants décédés et de plusieurs blessés.

Le drame s’est produit sur le fleuve Casamance, au cours de la traversée. Selon les premiers témoignages rapportés par Le Quotidien, l’embarcation aurait brusquement commencé à prendre l’eau avant d’être submergée puis de chavirer.

La panique s’est rapidement emparée des passagers, précipités dans les eaux du fleuve. Dans la confusion, deux mères auraient perdu leurs bébés alors qu’elles tentaient elles-mêmes de se maintenir à la surface.

Les secours se sont rapidement mobilisés, mais les tentatives de réanimation n’ont pas permis de sauver les deux plus jeunes victimes. Il s’agit d’une fillette âgée de deux ans et d’un garçon d’un an.

Un autre enfant de deux ans a, en revanche, pu être sauvé. Sa mère serait parvenue à le maintenir hors de l’eau pendant le chavirement. L’enfant ainsi que sa mère ont été conduits au district sanitaire de Goudomp, où ils sont restés sous observation médicale.

Trois autres femmes blessées dans l’accident ont également été prises en charge au centre de santé de Djibanar.

Le piroguier arrêté

La gravité de l’accident a conduit les forces de sécurité à ouvrir rapidement une enquête afin de déterminer les circonstances exactes du naufrage et d’établir les éventuelles responsabilités.

Le piroguier, originaire de la commune de Sédhiou, a été interpellé et placé en garde à vue à Goudomp dans le cadre des investigations.

Ce nouvel accident relance les inquiétudes sur les conditions de navigation et de transport des populations dans cette partie de la Casamance. Dans plusieurs zones enclavées de la région de Sédhiou, les déplacements par voie fluviale constituent un moyen de transport indispensable, malgré des conditions de sécurité parfois précaires.

La vétusté de certaines embarcations, le non-respect des capacités maximales de transport et l’absence de gilets de sauvetage sont régulièrement présentés comme des facteurs aggravants des accidents enregistrés sur les cours d’eau de la région.

Le drame de Djibanar remet ainsi au premier plan la nécessité de renforcer le contrôle des embarcations, les mesures de sécurité et la sensibilisation des usagers afin de réduire les risques liés aux traversées fluviales.

Mamadou Nancy Fall
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