Sénégal : de l ‘espoir d ‘une refondation au risque d’une confiscation des espérances . L’heure De Vérité Par Monsieur Serigne Habib Ndaw

De La Révolution Citoyenne Au Risque  De La Restauration Politique

 

 » Les peuples peuvent supporter les privations ; ils supportent beaucoup plus difficilement la trahison de leurs espérances  »

 

Il est des moments dans l ‘histoire d’une nation où le silence devient une forme de renoncement . Le Sénégal semble vivre l’un de ces instants décisifs.

 

Pendant près d’une décennies, une large partie du peuple Sénégalais a porté une ambition qui dépassait largement la conquête du pouvoir. Ce qui était recherché n’était pas une simple alternance électorale, mais une refondation de l ‘État, de la gouvernance et du contrat de confiance entre les citoyens et leurs dirigeants.

 

Des femmes et des hommes se sont engagés avec la conviction qu’un autre Sénégal était possible : un Sénégal plus souverain, plus juste, plus intègre, plus respectueux des institutions, où l’intérêt supérieur de la Nation primerait enfin sur les ambitions individuelles et partisanes.

 

Cette espérance a eu un prix.

 

Des vies ont été perdues. Des familles ont été endeuillées. Des citoyens ont connu la peur, les poursuites, la prison ou la souffrance. Ces blessures demeurent ouvertes et imposent une exigence morale : ne jamais réduire ces sacrifices à un simple épisode de conquête du pouvoir.

 

Or, à peine deux ans après une victoire populaire d’une ampleur exceptionnelle, le doute s’installe.

 

Non pas parce que tout devrait être résolu en si peu de temps. Une nation ne se reconstruit pas en quelques mois. Mais parce que les premiers  signaux sont déterminants. Ils révèlent une méthode, une vision et une hiérarchie des priorités.

 

Lorsqu’une partie importante de l ‘opinion a le sentiment que les grandes réformes promises s’éloignent, que les urgences économiques et sociales passent après les calculs politiques, ou que des pratiques du passé semblent réapparaître, l’inquiétude devient légitime.

 

Le danger ne réside pas seulement dans les décisions prises.  Il réside aussi dans les symboles.

 

L’histoire enseigne que les grandes ruptures meurent rarement sous les coups de leurs adversaires. Elles s’épuisent souvent lorsqu’elles finissent par reproduire ce qu’elles avaient juré de combattre.

 

Une révolution qui recycle les méthodes qu’elle dénonçait cesse progressivement d’être une révolution.

 

Elle devient une alternance ordinaire.

Et une alternance ordinaire ne change jamais durablement le destin d’un peuple.

Le Sénégal mérite d’avantage.

Notre pays n’a pas besoin d’une nouvelle élite politique qui occuperait simplement les fauteuils laissés vacants par l ‘ancienne.  Il a besoin d’une nouvelle culture l’Etat .

 

Une culture fondée sur l’exemplarité, l’humilité, le respect de la parole donnée, la compétence, la reddition des comptes et la primauté absolue de l’intérêt général.

La démocratie ne se mesure pas seulement au nombre d’élections organisées.

Elle se mesure à la capacité des gouvernants d’accepter la contradiction, de respecter les institutions, de préserver les contre-pouvoirs et de gouverner pour tous, y compris pour ceux qui ne les  ont pas soutenus .

 

L’état ne peut devenir l’instrument d’un objet partisan permanent.

La République appartient à tous les Sénégalais.

Le peuple n’a pas voté pour une campagne électorale permanente.

 

Il a voté pour des réformes, pour la justice, pour l’emploi, pour une économie plus forte, pour une administration plus efficace, pour une école plus performante, pour une santé plus accessible et pour une gouvernance exemplaire.

 

Chaque jour consacré aux calculs politiques est un jour soustrait à ces priorités.

Chaque promesse différée fragilise davantage le lien de confiance entre les gouvernants et les gouvernés.

Chaque renoncement nourrit le scepticisme.

Chaque hésitation affaiblit l’espérance.

 

Les dirigeants d’aujourd’hui disposent encore d’un capital politique exceptionnel.

Mais l’histoire rappelle une vérité immuable : la confiance populaire est la plus grande des richesses politiques, et aussi la plus fragile.

On ne la conserve ni par les discours, ni par la communication, ni par les slogans.

On la mérite Chaque jour par les actes.

Le Sénégal n’a pas besoin d’un pouvoir qui cherche avant tout à durer.

Il a besoin d’un pouvoir qui cherche avant tout à transformer.

Car les peuples oublient parfois les difficultés.

Ils n’oublient presque jamais les espérances trahies

L’histoire, elle, finit toujours par rendre son verdict.

 

Et ce verdict ne juge pas les intentions.

Il juge les actes.

 

Monsieur

Serigne Habib Ndaw

Patriote Octogénaire Engagé

Mail.  Ndaw.Habib45@Gmail.Com

 

Dakar, Le 06 Juillet 2026

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