Dans une déclaration rendue publique à l’issue de sa réunion du 4 juin 2026, le Secrétariat exécutif national de l’Alliance pour la République (APR) a vivement critiqué la gouvernance du régime en place, qu’il accuse d’être miné par des rivalités internes. Le parti de l’ancien président Macky Sall annonce également une série de mesures de réorganisation et appelle à la mobilisation de ses militants.
L’Alliance pour la République (APR) hausse le ton face à l’évolution de la situation politique nationale. Dans un communiqué publié jeudi, le Secrétariat exécutif national du parti a exprimé sa « profonde préoccupation » devant ce qu’il considère comme une crise politique majeure au sommet de l’État.
Selon l’APR, les tensions apparues au sein du pouvoir traduisent l’échec du projet politique porté par PASTEF. Le parti estime que les divergences entre les principaux responsables de l’État occupent désormais le devant de la scène au détriment des préoccupations économiques et sociales des populations.
Dans son analyse, le Secrétariat exécutif national évoque une gouvernance marquée par l’improvisation, l’absence de réformes structurantes et une gestion qu’il juge insuffisamment orientée vers les résultats. Le parti critique également ce qu’il présente comme une instrumentalisation récurrente des institutions publiques à des fins politiques.
L’APR considère par ailleurs que le nouveau gouvernement dirigé par Al Aminou Lô ne constitue pas une réponse aux difficultés des Sénégalais mais davantage une tentative de gérer les tensions internes de la majorité au pouvoir.
Face à cette situation, le parti appelle les forces politiques, les organisations de la société civile, les syndicats, les acteurs économiques et les mouvements de jeunesse à se mobiliser pour préserver la stabilité institutionnelle, les acquis démocratiques, l’État de droit et la crédibilité internationale du Sénégal.
Le Secrétariat exécutif national annonce également son soutien au recours introduit devant le Conseil constitutionnel par des députés de l’opposition. Selon l’APR, le respect de la Constitution ne saurait être subordonné à des considérations politiques ou à des arrangements internes au sein de la majorité.
Au-delà de ses critiques contre le pouvoir, l’APR entend aussi accélérer sa propre restructuration. Le parti a lancé un appel à ses responsables et militants afin qu’ils redynamisent les structures locales avant la mi-juillet 2026.
Dans cette perspective, plusieurs nominations ont été annoncées. Le capitaine Dièye devient secrétaire national chargé des questions de Défense, tandis que le commissaire Cheikhna Keïta est nommé secrétaire national chargé de la sécurité et de la sûreté nationales. Cheikh Ahmeth Tidiane Ly prend la coordination de la cellule Suivi-Évaluation-Qualité du parti, alors que Ndèye Ngom et Aboubacry Sokomo rejoignent la direction du Réseau des universitaires républicains.
Par cette déclaration, l’APR cherche à se repositionner dans le débat public et à renforcer son dispositif politique en vue des prochaines échéances, tout en se présentant comme une alternative face au pouvoir actuellement en place.

