À l’approche de la mise en service de la phase 2 du Train express régional (TER), les populations de Sébikotane haussent le ton et réclament la réalisation effective de la gare promise, ainsi que des infrastructures d’accompagnement.
La tension monte à Sébikotane autour du projet du Train express régional (TER) Dakar–AIBD. Alors que l’APIX, maître d’ouvrage délégué du projet, annonce une mise en service de la phase 2 en 2026, les populations locales dénoncent des engagements non respectés et exigent la construction immédiate de la gare du TER dans leur commune.
Selon l’APIX, la caténaire est déjà mise sous tension et les essais d’intégration des systèmes devraient démarrer prochainement. Mais pour les habitants de Sébikotane, cette avancée technique contraste avec une réalité sociale marquée par des impacts lourds : destruction de foyers, séparation de quartiers et dislocation de familles. Le tracé du TER est perçu comme « un rideau de béton », voire comparé au « Mur de Berlin ».
Malgré ces sacrifices, la commune affirme avoir accepté le projet au nom de l’intérêt national. En contrepartie, plusieurs engagements avaient été pris dans le cadre du « Ndaanane Agreement », notamment lors des Journées de réflexion organisées par le CIROTS en août 2023. Il s’agissait, entre autres, du revêtement de la route de Yeba, de la construction d’un centre de santé, d’écoles, de la rénovation d’infrastructures sportives et surtout de la réalisation d’une gare du TER à Sébikotane.
Plus de deux ans après ces promesses, aucune réalisation concrète n’est visible, dénoncent les forces vives locales. « Ni la gare, ni les passerelles, encore moins les mesures d’accompagnement », regrettent-elles, rappelant que la décision de construire une gare avait pourtant été prise dès juillet 2022.
Face à cette situation, les associations et mouvements citoyens de Sébikotane exigent des réponses claires du directeur général de l’APIX : disponibilité des financements, attribution des marchés, intégration de la gare dans le système ferroviaire et calendrier de réalisation. À défaut, préviennent-ils, la population se dit prête à se dresser « devant les locomotives du TER » si les trains traversent la commune sans s’y arrêter.

