Traite des personnes : Les chiffres de 2014 parlent 37% le travail forcé et à 53% l’exploitation sexuelle pour l’Afrique et le Moyen orient, sous oublier ceui des migrants

La restitution de la stratégie régionale de l’Office des Nations unies contre la Drogue et le Crime (Onudc) pour combattre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants en Afrique de l’Ouest et du Centre s’est déroulée hier à Dakar. Selon le rapport mondial de l’Onudc sur la traite des personnes paru en 2014, on estime que la traite des personnes en Afrique et au Moyen Orient vise à 37% le travail forcé et à 53% l’exploitation sexuelle.

Durant la rencontre, les participants ont fait un large diagnostic des problèmes. ‘’Selon le rapport mondial de l’Onudc sur la traite des personnes paru en 2014, on estime que la traite des personnes en Afrique et au Moyen Orient vise à 37% le travail forcé et à 53% l’exploitation sexuelle. Le reste relevant d’autres formes d’exploitation, dont la mendicité forcée des enfants ou l’enrôlement d’enfants dans des groupes armés’’, explique Pierre Lapaque, représentant régional de l’Onudc pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Pierre Lapaque d’ajouter : ‘’Pour ce qui est du trafic illicite de migrants, les autorités nigériennes ont évalué le nombre de migrants subsahariens qui transitent sur leur territoire entre 4 000 et 5 000 par semaine. Autour de la mer Méditerranée, l’année 2014 ainsi que les premiers mois de 2015 ont été marqués par un pic des indicateurs de migration irrégulière tant par la voie maritime que par la voie terrestre.’’

Selon lui, la majorité de ces mouvements irréguliers est facilitée par des réseaux de passeurs bien organisés. ‘’Ils sont capables de mettre en place une logistique parfaitement bien huilée à même de mener des centaines de personnes à la noyade. Annuellement, les profits générés par ces formes de criminalité sont estimés à plus de 32 milliards pour la traite des personnes et à plus de 150 millions de dollars pour le trafic illicite de migrants’’, dit-il.

Pour apporter des solutions à ces problèmes, l’Onudc a approuvé en janvier 2015 une stratégie pour renforcer les capacités des Etats d’Afrique du Nord à développer leur réponse contre le trafic illicite de migrants en mer Méditerranée.

C’est pourquoi une proposition qui s’appuie sur cinq piliers a été déclinée de la manière suivante : la promotion de la recherche ; le renforcement des capacités des Etats membres pour améliorer leur législation et développer une réponse en termes de justice pénale ; la promotion de la coopération internationale ; la prise en compte des initiatives globales de coordination ; et la protection des droits de migrants objets de trafic illicite.

Quant à l’envoyée spéciale du secrétaire général des Nations unies pour le Sahel Madame Hiroute Guebre Sellassie, elle a déclaré qu’une action urgente s’impose pour mettre fin à ce trafic.

Selon elle, il faut créer des conditions décentes dans les pays d’où viennent les migrants, en mettant en place une politique qui va permettre à ces derniers de s’épanouir financièrement dans leurs pays d’origine. Elle a également appelé les Etats à prendre des mesures liées à la prévention et la répression des actes des trafiquants illicites de migrants. Enfin, elle propose qu’une assistance soit apportée aux victimes de ces pratiques et qu’une politique de réinsertion sociale soit menée pour eux.

Source  »Enquête »

Dieyna SENE
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