SÉCURITÉ ROUTIÈRE : 44 % des véhicules circulent à Dakar sans visite technique

Dans le monde, 3 700 personnes environ sont tuées par jour dans des accidents de la route. Au Sénégal, même si les statistiques enregistrées démontrent qu’il y a une nette baisse de la mortalité dans la dernière décennie, les causes des accidents de la route sont énormes et interpellent la responsabilité de tout un chacun.

Malgré les 30 000 nouveaux permis de conduire distribués chaque année au Sénégal avec la participation des 200 auto-écoles formelles, les infractions pouvant causer des accidents de la route augmentent de plus belles, avec un parc automobile très vétuste. Selon le Directeur des transports routiers, Cheikhou Oumar Gaye, parmi les 375 000 véhicules qui circulent dans la capitale (Dakar), seuls 20 % fréquentent le Centre de contrôle technique de Hann. Dans ce lot, précise-t-il, « 44 % des véhiculent circulent sans visite technique à Dakar à cause de leur vétusté ». Ce qui peut heurter les consciences. Raison pour laquelle, il appelle à la responsabilité de tout le monde pour endiguer ce phénomène qui cause tant de tort aux usagers de la route. « Nous appelons à la responsabilité de tous, à la rigueur et au pragmatisme pour diminuer le nombre d’accidents », a déclaré le Directeur des transports routiers, tout en précisant que 83 % des tués d’accidents se passent en milieu interurbain et 17 % en milieu urbain où 80 % des accidents sont d’ordre matériel. Comme les chiffres de décès d’accidentés de la route font peur dans la sous-région Ouest africain, dépassant les 600 morts en 2018, dans les pays de l’Uemoa, Cheikhou Oumar Gaye d’alerter qu’aucun pays n’a atteint l’objectif fixé par les Nations Unies concernant la sécurité routière. Il s’exprimait lors de son exposé introductif du « bilan de la décennie d’actions pour la sécurité routière au Sénégal », en marge de l’atelier national de concertation sur la sécurité routière.
1ère classe parmi les 10 principales causes de mortalité des jeunes
Abondant dans le même sens, Ibou Diouf, responsable du programme de politiques de transports en Afrique ( SSATP) et représentant du Directeur des opérations de la Banque mondiale, a fait savoir que les accidents de la route occupent aujourd’hui la première classe parmi les dix principales causes de mortalité pour les jeunes âgés de 15 à 29ans. « Nous perdons entre 2 et 4 % du PIB de chaque pays, en termes de conséquences immédiates à la fois pour l’économie mais également pour la société », a-t-il déploré. Avant d’ajouter : « Dans certains cas, nous avons évalué des pertes en termes de productivités jusqu’à 17% du PIB ».

Saër DIAL

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