Maison-Blanche/8e et dernier dîner des correspondants Les meilleures blagues du « sketch » de B Obama

Un exercice délicat mais qu’il adorait : pour son 8e et dernier dîner des correspondants, Barack Obama a régalé samedi soir le tout-Washington de plaisanteries acerbes sur les médias, le monde politique et… Donald Trump.

Il fallait une apothéose…

Dans six mois, Barack Obama ne sera plus qu’un « lame duck », tel qu’on qualifie le président américain pendant la période de transition entre l’élection de novembre et l’investiture de son successeur, en janvier. C’est donc pour la dernière fois ce samedi 30 avril que le 44e président américain a pris le micro au dîner de gala annuel des correspondants de presse de la Maison-Blanche, pour 32 minutes de mitraille hilarante en direction de ses alliés, ses adversaires, et surtout de lui-même.

Pour ce rendez-vous devenu incontournable au fil des décennies, l’équipe du président américain a travaillé pendant des semaines sur le texte.

« C’est l’un des discours les plus difficiles de l’année », explique à l’AFP Cody Keenan, 35 ans, qui dirige l’équipe des auteurs des discours de la Maison-Blanche.

Il est de tradition dans cet exercice que le président n’épargne personne, quitte à adopter un ton très grinçant. Barack Obama en avait fait une de ses marques de fabrique, et s’est même fendu d’un « mic drop » à la fin de son discours samedi soir, lâchant son micro par terre à la façon des popstars qui veulent signifier que leur prestation a été tellement parfaite qu’il n’y a plus rien à ajouter.

Voici un florilège des meilleurs extraits de son discours,  dont vous pouvez retrouver l’intégralité sur YouTube .

Donald Trump

0’10 » : « Bonsoir tout le monde. C’est un honneur d’être à mon dernier… et peut-être LE dernier dîner des correspondants de la Maison-Blanche. Vous avez tous l’air en pleine forme ; la chute de la République n’a jamais eu meilleure allure ».

12’27 » : « Le président du parti républicain Reince Priebus est également avec nous ce soir. Je dois le dire, vous avez bien mérité une petite sortie. Félicitations, j’ai entendu parler de vos derniers succès… Le parti, le processus de nomination, tout va à merveille ! Continuez comme ça. »

17’48 » : « On sent comme une confusion au parti républicain. Sur les invitations du dîner de ce soir, où on vous demandait de choisir entre viande et poisson, un bon nombre d’entre vous ont écrit ‘Paul Ryan’ [président de la Chambre des représentants, que l’establishment républicain espère substituer à Ted Cruz et Donald Trump lors de la Convention en juillet]. Ça ne faisait pas partie des options : viande, ou poisson. Vous n’aimez peut-être ni la viande ni le poisson… Mais c’est votre choix. »

19’52 » : « […] vous remercier pour tout ce que vous faites, vous savez, une presse libre est un élément central de notre démocratie et… Nan, je plaisante ! Vous savez bien que je vais parler de Trump ! »

20’24 » : « Je suis un peu peiné de son absence ce soir… Nous nous étions tellement bien amusés la dernière fois et c’est surprenant, il y a là une salle pleine de soutiens, de célébrités, de caméras et il a dit non. Est-ce que ce dîner serait trop tape-à-l’œil pour Donald ? Qu’est-ce qu’il peut bien faire en ce moment ? Manger un steak Trump ? Tweeter des insultes à Angela Merkel ? »

21’17 » : « L’establishment républicain pense que Donald manque trop d’expérience en politique étrangère pour être président. Mais il faut rappeler qu’il a passé des années à rencontrer des dirigeants du monde entier : Miss Suède, Miss Argentine, Miss Azerbaïdjan… » [ Donald Trump a présidé les concours Miss Univers pendant 20 ans]

22’21 » : « Je ne voudrais pas en faire trop. Car on est d’accord que depuis le début, il [Trump] a reçu juste ce qu’il faut de couverture médiatique, une couverture adaptée au sérieux de cette candidature… [silence] Vous pouvez être fiers de vous. Le mec voulait juste donner un coup de pouce à son business immobilier, et maintenant tout le monde prie pour qu’il ne passe pas le mois de juillet ! »

La presse

11’13 » : « Je voudrais ici rendre hommage à plusieurs journalistes récompensés présents ici ce soir : Rachel McAdams, Mark Ruffalo, Liev Schreiber… [les acteurs du film oscarisé « Spotlight »] Merci pour tout ce que vous avez fait. »

11’32 » : « Je plaisante. Comme vous le savez, ‘Spotlight’ est un film. Un film sur des journalistes d’investigation dont le talent et l’indépendance leur ont permis de traquer la vérité et de faire tomber des têtes… Meilleur film de science-fiction depuis « Star Wars ». »

Bernie Sanders

16’01 » : « Je suis peiné, Bernie, que tu aies pris tes distances avec moi. Ce n’est pas quelque chose qu’on fait à un camarade. » [Bernie Sanders est régulièrement taxé de communiste]

Hillary Clinton

1’17 » : « Nous y voilà : ma huitième et dernière apparition à cette cérémonie unique. Et je m’en réjouis : si mon discours marche bien, je pourrai m’en servir chez Goldman Sachs l’année prochaine. » [Le couple Clinton s’est enrichi à millions par des conférences rémunérées, notamment auprès de grandes banques]

2’28 » : « Dans un an jour pour jour, un autre président se tiendra à cette place. Et personne ne sait encore qui elle sera. » [Hillary Clinton est la seule femme des quatre favoris à la Maison-Blanche]

17’04 » : « Il faut quand même l’admettre… Hillary qui essaie de séduire l’électorat jeune, c’est un peu comme votre vieille tante qui vient de s’inscrire sur Facebook. ‘Cher peuple américain, as-tu bien reçu mon poke ? Il s’affiche sur ton mur ? Je ne sais pas si je l’utilise comme il faut ?' ».

Son âge et sa future retraite

3’40 » : Une fois Hillary [Clinton, alors secrétaire d’Etat ]m’a demandé si je pouvais prendre un appel téléphonique à 3 heures du matin. Aujourd’hui à cette heure-là, je suis debout de toute façon parce que je dois aller aux toilettes. »

4’01 » : « C’est à ce point que quelqu’un m’a dit récemment : ‘Monsieur le président, vous êtes le passé. Justin Trudeau [le nouveau Premier ministre canadien, 44 ans] vous a complètement remplacé. Il est tellement beau, tellement séduisant, c’est lui l’avenir maintenant.’ Et j’ai répondu ‘Ça va Justin, on a compris' ».

6’39 » : « Même des grands dirigeants étrangers commencent à me regarder de haut, sachant que je suis sur le départ. La semaine dernière le prince George [2 ans et demi] s’est présenté en peignoir à notre rendez-vous. C’était une sacrée gifle. Une grave violation du protocole. »

8’52 » : « Et pourtant, malgré toutes ces défections, mon taux de popularité continue à grimper. La dernière fois que j’ai plané aussi haut, j’étais en train de choisir mon master à la fac. » [il est de notoriété publique qu’Obama fumait de l’herbe à l’université]

Sur un registre plus sérieux, le président américain a conclu en rendant hommage à l’ancien correspondant à Téhéran du « Washington Post », Jason Rezaian, libéré en janvier après avoir passé 18 mois en prison en Iran. Auparavant, un court-métrage (23’45 ») imaginait son avenir après la fin de son séjour à la Maison-Blanche… On y voit ainsi Barack Obama se heurter au racisme ordinaire d’une fonctionnaire au moment de s’inscrire pour le permis de conduire, ou aux affres de l’application Snapchat.

Source tempsreel.nouvelobs.com

Pape Ismaïla CAMARA
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