Journée mondiale du Lait- Oxfam pour des mesures efficaces et adaptées visant à développer la filière laitière locale

Les membres de la campagne  en Afrique de l’Ouest s’associent à tous les exploitants pastoraux et acteurs des filières laitières locales  en Afrique de l’Ouest, pour marquer la 15ème journée mondiale du lait et  faire un point sur les enjeux de ce secteur au cœur de l’alimentation mondiale, note un communiqué de Oxfam.

La célébration de cette journée intervient particulièrement dans un climat d’incertitude croissante lié au développement des filières locales de lait suite à des barrières de divers ordres telles que le  coût élevé des charges d’exploitation limitant ainsi la compétitivité des filières de lait local face aux produits importés ;  la persistance d’un mode d’élevage majoritairement extensif ; les difficultés d’accès au marché et le financement des coûts de collecte et d’équipement de réfrigération ; le manque d’appui-conseil, etc.

Oxfam relève que la production laitière totale de la sous-région est estimée à 2, 4 millions de tonnes pour un cheptel de 50 millions de bovins, mais moins de 10% de cette production ferait l’objet d’une collecte organisée.

Aussi, la fin des quotas laitiers annoncée à partir du 1er avril 2015, accroîtrait sans doute les volumes d’exportation du surplus des produits laitiers vers l’Afrique, et du coup, le risque d’étouffement des filières locales dans les années à venir.

L’organisation rappelle qu’en 2013, l’Afrique avait importé 11,31 millions de tonnes de lait non-concentré pour une valeur de 9 milliards de dollars ;  6,83 millions de tonnes de lait concentré, pour une valeur de 23,2 milliards de dollars et 18 millions de tonnes de lait importé pour 31 milliards de dollars

Or, de l’avis des experts, ces montants avoisinaient les coûts d’investissements nécessaires pour développer la filière lait en Afrique, et pouvaient être mis à profit pour améliorer la performance des filières laitières  locales. L’élevage ne reçoit en moyenne que 10% des dépenses agricoles alors qu’il représente entre un tiers et la moitié du PIB agricole des pays du Sahel.

« Les membres de la campagne Cultivons profitent de cette journée mondiale de lait pour renouveler leur engagement à défendre les intérêts des exploitations familiales, et exigent aux Etats et à la CEDEAO d’adopter des mesures efficaces et adaptées visant à accompagner le développement des filières laitières  à travers notamment l’accompagnement des unités de transformation s’approvisionnant à partir de lait local ;  l’amélioration de l’accès aux crédits pour la collecte, la transformation et la conservation des produits laitiers locaux ; et l’information du grand public aussi bien sur la qualité du lait local que sur l’impact de la filière sur l’emploi et les revenus ruraux,  afin d’orienter le choix des consommateurs vers le lait local », conclut le communiqué.

Momar Diack SECK
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