Classement de la liberté de la presse 2019 : la mécanique de la peur

Nous venons de dévoiler notre Classement mondial de la liberté de la presse 2019. Cette nouvelle édition montre que la haine des journalistes a dégénéré en violence, laquelle est facteur d’une montée de la peur.

Le nombre de pays considérés comme sûrs, où les journalistes peuvent exercer leur métier en toute sécurité, continue de se réduire, tandis que les régimes autoritaires renforcent leur emprise sur les médias.

Seulement 24% des 180 pays et territoires affichent une situation “bonne” (zone blanche) ou “plutôt bonne” (zone jaune) contre 26% l’année dernière. Les Etats-Unis (48e), où un climat toujours plus hostile s’est installé au-delà des propos de Donald Trump, perdent trois places en 2019 et basculent dans la zone orange, ce qui signale une situation problématique.

Plusieurs régimes autoritaires perdent des places au Classement. C’est le cas du Venezuela (148e, -5), où les journalistes ont été confrontés aux arrestations et violences infligées par les forces de l’ordre, et de la Russie (149e, -1), où le Kremlin a accentué la pression contre les médias indépendants et internet, à coup d’arrestations, de perquisitions arbitraires et de lois liberticides.

Les modèles démocratiques sont en grand danger. Enrayer cette mécanique de la peur est une urgence absolue pour les femmes et les hommes de bonne volonté, attachés aux libertés acquises au long de l’histoire.
Publié annuellement depuis 2002, notre Classement permet de faire pression sur les autorités, les gouvernements, et les organisations internationales au combat pour la liberté, l’indépendance et le pluralisme des médias. L’influence de ce Classement et l’intensité des réactions qu’il génère ne cesse de prendre de l’ampleur chaque année. Je suis fier de vous adresser aujourd’hui le classement 2019.

Christophe Deloire

Secretaire General 

Reporters sans frontières

Oumou Khaïry NDIAYE
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