Bernard Bangoura professeur de musique : « La kora a le droit d’être citée sur l’espace de production scénique »

Pour faire renaître la Kora au Sénégal , Bernard Bangoura , professeur d’éducation musicale à l’ école de musique études harmonie acoustique (EHA) de Dakar , suggère deux pistes à savoir l’apprentissage formel qui associe aussi bien la tradition orale que celle écrite à travers les écoles. A cela s’ajoute les instruments comme la kora ont le droit d’être citée sur l’espace de production scénique. Il s’exprimait ce samedi 23 avril 2016 à Dakar lors d’une conférence qu’il a animée en compagnie du Frère Dominique Catta de l’abbaye de Keur Moussa sur le thème : « La Kora de Keur Moussa d’hier à demain ». D’après lui, il ne faut pas que la formulation de la musique obéisse uniquement à une présentation des instruments de musique modernes. Il faut aussi associer les instruments de musique traditionnelle à la formulation des musiques scéniques contemporaines pour que les jeunes puissent s’y reconnaitre. Ce sont les choses les plus importantes à faire pour faire renaître la Kora. « On a voulu rendre hommage aux moines mais surtout avoir espoir que la Kora va renaître au Sénégal, surtout celle de Keur moussa via son insertion dans les programmes d’enseignements et d’apprentissages des instruments dans les écoles publiques ou privées », a fait savoir M. Bangoura. Et d’ajouter : « Nous félicitons EHA pour l’initiative d’avoir permis l’insertion de cet instrument dans les programmes d’enseignements ». Cette rencontre a permis de présenter un contenu historique pour faire ressortir l’évolution de la facture de la Kora faite par les moines du monastère de Keur Moussa depuis leur installation au Sénégal 1963 jusqu’en 2016. A cette occasion, l’assistance a découvert les expériences musicales du monastère concernant la Kora mandingue dès l’arrivée des neuf fondeurs moines français de l’abbaye de Solesmes , près du Mans. Parmi eux, seul le Frère Dominique est en vie et célébrera bientôt ses 90 ans. Ainsi les musiciens présents, interprétant les différentes œuvres avec l’accompagnement de la Kora, ont enflammé la sale de l’EHA sous les applaudissements du public. Pour M. Bangoura, l’évolution de cette facture est passée d’une kora traditionnelle à une kora diatonique à clé puis à une Kora chromatique qui permet d’interpréter des œuvres aussi bien du répertoire classique mandingue, européen et mondial .Ces sont des conceptions techniques qui permettent d’avoir une formulation de la musique qui peut se faire sur plusieurs tonalités.

Saër DIAL

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