Affaire Tigo : Wari dépose deux requêtes à la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale de Paris

Le 3 novembre 2017, deux requêtes d’arbitrage auprès de la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale à Paris, contre le groupe Millicom d’une part et contre NJJ Capital de Xavier Niel et Sofima Ltée d’Hassanein Hiridjee d’une autre partie, relativement à la vente de Tigo à Wari par le groupe Millicom.

Dans un souci de transparence vis-à-vis du public sénégalais sur cette affaire et que Millicom multiplie les approximations et les contre-vérités par voie de communiqué de presse, nous dit un communiqué de l’Agence 35% nord. Revenant sur les axes du dossier le document détaille ainis les faits :

  • Le 2 juin 2017 se sont tenues plusieurs réunions à Paris entre Wari et Millicom. Au cours de ces rencontres, Millicom a exprimé sa volonté de «soutenir» Wari dans la recherche de financement et de «poursuivre la transaction».

À partir de cette date, une diligence raisonnable de Tigo (revue de sa documentation interne) a été engagée à la demande d’une banque internationale prête à soutenir son concours financier à Wari. Dans le cadre de cette diligence raisonnable, Wari s’est attaché les conseils de Vodafone, leader mondial de la téléphonie, pour un avis indépendant.

  • Le 26 juillet une réunion de clôture de la due diligence s’est tenue dans les bureaux de Wari à Dakar en présence de la direction générale de Tigo. Au cours de cette rencontre, il a été confirmé que le financement était finalisé et que la banque procédait au décaissement.
  • Le vendredi 28 juillet pourtant, Millicom a notifié par courrier à Wari la résiliation du contrat de vente de Tigo et d’une annonce annoncée par voie de communiqué de presse, le lundi 31 juillet, en conformité avec un accord pour céder Tigo à un consortium composé de NJJ Capital et Sofima Ltee en remplacement de Wari. Quant à l’apparition de Teyliom (Yérim Sow) dans le consortium, elle constitue selon Wari une manœuvre de façade pour apporter à bon compte une prudence sénégalaise.
  • Le 6 novembre, Millicom a annoncé par voie de communiqué de presse le dépôt d’une demande d’arbitrage contre Wari.

Selon Wari, Millicom n’a pas valablement résilié le contrat de vente de Tigo signé avec Wari le 2 février 2017. Wari estime par ailleurs que les faits relatés dans ce communiqué indiquent la mauvaise foi de Millicom, qui a très probablement recouru à des manigances avec le consortium, concurrent malheureux de Wari lors de l’appel d’offres ouvert par Millicom fin 2016, afin d’évincer Wari.

Selon toujours le communiqué, Wari déplore cette situation qui pénalise les employés et le développement de Tigo ainsi que l’économie sénégalaise…

Wari ajoute que l’acquisition d’un opérateur de téléphonie mobile, au Sénégal, peut être effectuée sans l’autorisation des autorités chargées de l’attribution des licences et de la réglementation de ce secteur.

  • Le 1 er août, par décret présidentiel, les autorités sénégalaises ont approuvé la cession à Wari de la licence de téléphonie opérée par Tigo. Cette décision n’a jamais été remise en cause. Les groupes internationaux, tels qu’ils se produisent, ne peuvent plus se comporter comme s’ils se trouvaient dans le terrain conquis en Afrique. Ni les autorités ni les opinions publiques ne sauraient le tolérer.

Enfin, nous dit l’agence, Wari dénonce avec plus grande quantité les accusations de Millicom à propos de prétendues «informations fausses et mensongères»

Pape Ismaïla CAMARA
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