Face à l’ampleur croissante du vol de bétail, qui menace la sécurité alimentaire et la stabilité économique dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel, des acteurs régionaux se réunissent à Dakar pour élaborer des stratégies communes de lutte contre ce phénomène transnational. (Source : APS)
Des représentants de quinze pays d’Afrique de l’Ouest participent, du 9 au 12 février à Dakar, à une rencontre régionale consacrée à l’élaboration de réponses concertées contre le vol de bétail, un phénomène désormais considéré comme une menace majeure pour les économies pastorales et la cohésion sociale dans la région, rapporte l’APS.
Initiée par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la rencontre rassemble environ 70 participants issus de différents secteurs afin de poser les bases d’un cadre multisectoriel et régional de coopération. Selon le ministre sénégalais de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, le vol de bétail ne constitue pas seulement une atteinte aux biens des éleveurs, mais représente également un facteur de déstabilisation économique, sociale et sécuritaire à l’échelle sous-régionale, souligne l’APS.
Le ministre a insisté sur la nécessité pour les États de mettre en œuvre des stratégies nationales intégrées, articulant les dimensions sécuritaires, judiciaires, technologiques, économiques et sociales, tout en tenant compte des réalités locales et des dynamiques transfrontalières. La coopération entre pays voisins, a-t-il ajouté, doit être placée au cœur des dispositifs de prévention et de répression, les réseaux criminels exploitant souvent la porosité des frontières et la mobilité des troupeaux.
Selon les données présentées par la FAO, les pertes économiques liées au vol de bétail dépassent désormais 467 millions de dollars par an, soit plus de 257 milliards de francs CFA. La coordonnatrice sous-régionale de l’organisation pour l’Afrique de l’Ouest, Bintia Stephen Tchicaya, a indiqué que ce phénomène s’inscrit désormais dans des dynamiques de criminalité organisée et de trafics transfrontaliers pouvant, dans certains cas, contribuer au financement de groupes armés, précise encore l’APS.
Afin de soutenir les États, la FAO a réalisé en 2025 six livrables majeurs, dont des analyses régionales et nationales du phénomène, un inventaire des solutions technologiques de traçabilité du bétail, un manuel de bonnes pratiques ainsi qu’un programme régional visant à mettre en place des coalitions multi-acteurs pour renforcer la lutte contre ce fléau.
Pour les participants, cet atelier doit permettre de partager les expériences, consolider les bonnes pratiques et construire une vision commune capable d’aboutir à des réponses coordonnées à l’échelle nationale, transfrontalière et régionale.

