Réunis à Doha pour la conférence biennale de l’ONU sur la lutte contre la corruption, les gouvernements sont appelés à franchir un cap décisif. Transparency International plaide pour l’adoption de nouvelles normes, notamment sur la transparence du financement politique.
Ce lundi, les gouvernements du monde entier se retrouvent à Doha, au Qatar, dans le cadre de la conférence biennale des Nations Unies sur la lutte contre la corruption. Une rencontre stratégique destinée à évaluer les engagements pris au titre de la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC), entrée en vigueur il y a vingt ans, et à l’adapter aux réalités politiques et économiques actuelles.
Pour Transparency International, l’enjeu est majeur. L’organisation souligne que les systèmes politiques sont fragilisés par l’influence opaque de l’argent, sapant la confiance des citoyens et alimentant des mouvements de contestation dans de nombreux pays. Marchés publics biaisés, financements anonymes et ingérences d’intérêts privés ou étrangers figurent parmi les dérives les plus préoccupantes.
Un test crucial de l’ambition des États sera leur soutien à la toute première résolution sur la transparence du financement politique dans le cadre de la CNUCC. Présentée par la Norvège, l’Albanie, le Ghana et la Mongolie, cette résolution vise à renforcer la publication des données relatives aux financements électoraux, à identifier clairement les donateurs et à fermer les circuits de financement anonymes.
Bien que la convention appelle déjà à plus de transparence, sa mise en œuvre demeure très inégale. Pour Transparency International, l’adoption de cette résolution enverrait un signal fort et donnerait à la société civile des leviers supplémentaires pour exiger des réformes et demander des comptes aux dirigeants.
La conférence abordera également les liens entre corruption et crimes environnementaux. Une nouvelle résolution, portée par le Brésil et la Namibie, ainsi qu’une initiative des petits États insulaires, vise à reconnaître le rôle de la corruption dans la destruction de l’environnement et à renforcer l’application des lois dans ce domaine.
Enfin, les discussions porteront sur l’avenir du mécanisme d’examen de la mise en œuvre de la CNUCC. Transparency International plaide pour un dispositif plus transparent et inclusif, afin de garantir que la convention demeure un instrument vivant, au service de réformes concrètes et durables.

