Agence Ecofin – Au Sénégal, l’agriculture contribue à hauteur de 15 % au PIB et emploie environ 22 % de la population active. Face aux enjeux de sécurité et de souveraineté alimentaires, le gouvernement accélère la mécanisation du secteur encore tributaire d’outils manuels et de matériels attelés.
Au Sénégal, les autorités entendent accélérer la mécanisation du secteur agricole par la mise en place d’une usine nationale dédiée à l’assemblage de tracteurs et d’équipements agricoles. Dans un communiqué publié sur sa page Twitter, le ministre de l’Agriculture, Mabouba Diagne, a ainsi annoncé la tenue, le mercredi 27 août, d’une première réunion de travail consacrée à ce projet.
Celle-ci a réuni les principales parties prenantes, dont le groupe turc Albayrak, la Banque turque d’exportation (Türk Eximbank), ainsi qu’un consortium d’entreprises sénégalaises composé de CCBM, EMG, SISMAR, Oumou Group et Diass Industries.
Selon le ministre, l’usine devrait permettre de renforcer la disponibilité d’équipements agricoles sur le marché local. Elle servira également de socle au programme « Allo Tracteurs », une initiative phare du gouvernement lancé en avril dernier en vue de faciliter l’accès aux services agricoles mécanisés à travers la mise en place prévue de 13 Centres d’Utilisation de Matériel Agricole (CUMA) dans les régions de Tambacounda, Kédougou, Kolda et Matam.
Le programme « Allo Tracteurs » vise à aménager plus de 35 000 hectares de terres agricoles dès la campagne 2024/2025, selon les données officielles. Pour le Sénégal en quête de souveraineté alimentaire, l’enjeu d’accélérer la mécanisation du secteur agricole est d’autant plus stratégique quand on sait que l’appareil productif mobilise encore majoritairement la force motrice humaine et animale.
Dans le pays de la Teranga, les données recueillies par la Direction de l’Analyse, de la Prévision et des Statistiques Agricoles (Dapsa) ont en effet révélé que seulement 11 % des ménages agricoles ont utilisé des équipements agricoles motorisés au cours de la campagne agricole de 2022/2023.
« L’utilisation de matériel manuel [houe manuelle, machette, râteau, etc.] est généralisée chez les ménages agricoles. De même, avec 8 ménages sur 10 déclarant y avoir recours, le matériel attelé [semoir, charrette, charrue, etc.] est couramment répandu. Le matériel motorisé n’est en revanche utilisé que par un ménage sur dix environ au Sénégal », souligne la Dapsa dans un rapport d’enquête publié sur ladite campagne