La Jonction des Luttes SAMES–SUTSAS de l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique tire la sonnette d’alarme. Elle dénonce des retenues salariales opérées sans concertation préalable et appelle à une gouvernance éthique et responsable au sein d’une institution stratégique pour la sécurité sanitaire nationale.
Dans un communiqué adressé à la population et aux autorités compétentes, la Jonction des Luttes SAMES–SUTSAS de l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique (ARP) fait état d’un climat social délétère affectant le fonctionnement et la crédibilité de l’institution.
Au cœur des griefs figure la décision de la Direction générale de procéder à des retenues salariales, sans communication préalable, sans critères transparents ni procédure contradictoire. Ces retenues, oscillant entre 35 000 et 473 867 francs CFA, sont jugées sélectives et injustifiées par les syndicats, d’autant plus qu’elles interviennent dans un contexte de mobilisation collective régulièrement observée.
Selon la Jonction des Luttes, ces pratiques traduisent des dysfonctionnements persistants dans la gestion des ressources humaines, marqués par un déficit de dialogue social, une insuffisance de concertation et un manque de transparence. Une situation d’autant plus préoccupante qu’elle s’inscrit dans un contexte institutionnel fragilisé par des soupçons liés à la régulation et à la circulation des médicaments au sein de l’ARP.
Les syndicalistes évoquent également l’affaire dite « Softcare », largement relayée dans l’espace public, qui aurait contribué à ternir l’image de l’Agence et appelle, selon eux, une réponse fondée sur la transparence et la reddition des comptes. Ils rappellent par ailleurs que le droit de grève est constitutionnel et que son exercice ne saurait donner lieu à des sanctions directes ou déguisées.
Institution stratégique chargée de la sécurité sanitaire, l’ARP se doit, selon la Jonction des Luttes, d’être exemplaire en matière de gouvernance et d’intégrité. C’est pourquoi elle exige l’arrêt immédiat des retenues salariales, la régularisation des situations concernées, la fourniture d’explications écrites, ainsi qu’un audit indépendant de la gestion financière et des ressources humaines.
La Jonction des Luttes SAMES–SUTSAS conclut en avertissant, dans son communiqué, que lorsque l’agence du médicament est fragilisée, c’est toute la sécurité sanitaire nationale qui se trouve menacée.

