L’Antenne régionale de Saint-Louis de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) a procédé au démantèlement d’un réseau présumé de proxénétisme et de traite d’êtres humains. Quatre individus ont été déférés devant le Tribunal de Grande Instance.
Un nouveau coup de filet contre l’exploitation sexuelle a été mené à Saint-Louis par l’Antenne régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT), rattachée à la Direction de la Police aux Frontières.
À l’issue de l’enquête, quatre personnes ont été présentées ce jour au parquet du Tribunal de Grande Instance de Saint-Louis. Elles sont poursuivies pour proxénétisme et défaut d’inscription au fichier sanitaire.
Un recrutement organisé depuis Rosso
Selon les éléments communiqués, l’enquête a démarré à la suite d’un renseignement opérationnel signalant les activités suspectes d’une ressortissante étrangère établie au quartier HLM de Saint-Louis. Cette dernière est accusée d’avoir recruté de jeunes étrangères à des fins d’exploitation sexuelle.
Les investigations ont permis d’identifier deux appartements, situés respectivement aux HLM et à Boudiouck, qui servaient de lieux de séquestration et d’exploitation. Lors des descentes effectuées par les forces de l’ordre, les agents ont procédé à l’interpellation de la proxénète présumée, d’une victime, du gardien de l’appartement de Boudiouck ainsi que d’un collaborateur.
Les enquêteurs ont également établi que le recrutement des victimes s’effectuait par l’intermédiaire d’un complice basé à Rosso. Celui-ci percevait, selon les déclarations recueillies, une commission comprise entre 20 000 et 40 000 FCFA par personne recrutée. Il a été interpellé lors de son transport sur les lieux, organisé par les enquêteurs.
Séquestration et revenus contrôlés
La victime identifiée a déclaré aux enquêteurs être privée de sa liberté d’aller et venir, ne pouvant sortir que sous la surveillance étroite du gardien. Ce dernier contrôlait son activité et collectait quotidiennement les revenus issus des passes.
Toujours selon son témoignage, elle ne percevait qu’une rémunération mensuelle fixe de 95 000 FCFA, indépendamment des montants réellement générés, le reste étant récupéré par les organisateurs du réseau.
Un appel à la vigilance
À travers cette opération, la Police réaffirme sa détermination à lutter contre la traite des êtres humains et le proxénétisme. Elle rappelle que ses services restent mobilisés pour la protection des populations et invite toute personne disposant d’informations utiles à contacter gratuitement le numéro vert 800 00 17 00.
Cette affaire met en lumière la persistance des réseaux d’exploitation dans certaines zones urbaines et la nécessité d’une vigilance accrue face aux formes modernes de traite d’êtres humains.

