À l’occasion de la rentrée solennelle des Cours et Tribunaux 2025-2026, le Premier Président de la Cour suprême, Mouhamadou Mansour Mbaye, a livré un discours de fermeté et de hauteur, répondant sans détour aux critiques récurrentes visant l’institution judiciaire, dans un contexte marqué par la pression médiatique et émotionnelle.
La cérémonie solennelle de rentrée des Cours et Tribunaux pour l’année judiciaire 2025-2026 a été marquée par un discours particulièrement attendu du Premier Président de la Cour suprême, Mouhamadou Mansour Mbaye. Devant les plus hautes autorités de l’État, les acteurs de la justice et le corps diplomatique, le chef de la plus haute juridiction a choisi de répondre, avec gravité et clarté, aux critiques visant l’appareil judiciaire, rapporte le quotidien Le Témoin.
Dans un environnement social dominé par l’instantanéité, les réseaux sociaux et la pression de l’opinion publique, Mouhamadou Mansour Mbaye a rappelé que la mission de la justice reste fondamentalement exigeante : garantir la primauté du droit tout en préservant la paix civile. Une mission rendue encore plus délicate, selon lui, par la tendance à juger les décisions judiciaires avant même d’en comprendre la portée.
Insistant sur la nécessité pour la justice de « tenir sa juste place », le Premier Président a affirmé que celle-ci ne saurait être dictée par la clameur populaire ou l’émotion collective, mais uniquement par la loi, la constance et la mesure. Sans nommer explicitement ses détracteurs, il a répondu aux accusations de lenteur et d’inaction souvent adressées aux juridictions, défendant la retenue judiciaire comme une vertu essentielle.
« La justice progresse avec retenue, non par crainte, mais par respect pour une charge plus lourde qu’elle-même », a-t-il expliqué, soulignant le poids des responsabilités qui pèsent sur le juge. À ses yeux, la précipitation serait une trahison du droit, tout autant que la complaisance envers les exigences du moment. « Toute complaisance avec l’air du temps est une abdication de sa mission », a-t-il averti.
Le cœur du discours a porté sur l’indépendance de la magistrature, présentée non comme un privilège corporatiste, mais comme une garantie constitutionnelle offerte au citoyen. Une manière, selon Le Témoin, de réaffirmer les fondements de l’État de droit dans un contexte de défiance institutionnelle croissante.
En revendiquant une justice ferme dans ses principes, consciente de son époque mais distante de ses emballements, la Cour suprême entend tracer les contours d’une institution fidèle à sa mission première : dire le droit, rien que le droit.

