Une visite de haut niveau à Abuja du ministre sénégalais de l’Énergie, Birame Soulèye Diop, marque une nouvelle étape dans le rapprochement énergétique entre le Sénégal et le Nigeria. Objectif : mutualiser les compétences, attirer des investissements et accélérer la transformation industrielle du continent.
Le Sénégal et le Nigeria franchissent un cap dans leur coopération énergétique. En déplacement à Abuja, le ministre sénégalais de l’Énergie, Birame Soulèye Diop, accompagné de responsables de Petrosen, a échangé avec les autorités nigérianes, notamment le ministre d’État chargé des ressources pétrolières, ainsi que la Nigerian National Petroleum Company.
Selon une dépêche diffusée par APO Group pour la African Energy Chamber, cette visite jette les bases d’une coopération renforcée dans plusieurs segments clés : raffinage, monétisation du gaz, élaboration des politiques publiques et commerce intra-africain de l’énergie. APO Group pour la African Energy Chamber souligne que ce rapprochement s’inscrit dans une dynamique continentale visant à privilégier la collaboration entre producteurs africains.
Une coopération stratégique pour attirer les investissements
Pour la Chambre africaine de l’énergie, le renforcement des liens entre pays producteurs constitue un levier essentiel pour capter des financements, développer les infrastructures et stimuler le commerce énergétique régional. Cette coopération entre Petrosen et la NNPC devrait favoriser le transfert de compétences, améliorer la gouvernance sectorielle et accélérer la mise en œuvre de projets structurants sur toute la chaîne de valeur.
Le président exécutif de l’AEC, NJ Ayuk, insiste sur l’importance de telles alliances pour bâtir la sécurité énergétique du continent et soutenir son industrialisation.
Le Sénégal en pleine montée en puissance énergétique
Ce rapprochement intervient dans un contexte de transformation du secteur énergétique sénégalais. Avec le démarrage du champ pétrolier de Sangomar et du projet gazier Greater Tortue Ahmeyim (GTA), le pays s’impose désormais comme un producteur émergent.
La production de Sangomar s’est stabilisée autour de 100 000 barils par jour, tandis que GTA a déjà permis l’exportation de plusieurs cargaisons de gaz naturel liquéfié. Dakar ambitionne d’élargir ces projets, tout en développant le champ offshore Yakaar-Teranga et en intensifiant l’exploration terrestre via une campagne de 100 millions de dollars.
Un partenariat gagnant-gagnant avec le Nigeria
De son côté, le Nigeria, premier producteur africain de pétrole, poursuit des objectifs ambitieux, visant environ 2 millions de barils par jour, tout en développant ses capacités de raffinage et son secteur gazier. L’extension de la raffinerie Dangote et les nouveaux cycles d’attribution de licences illustrent cette dynamique.
Dans ce contexte, la coopération avec le Sénégal apparaît comme un levier stratégique pour consolider les marchés énergétiques africains et renforcer les chaînes de valeur régionales.
En définitive, APO Group pour la African Energy Chamber met en avant que cette alliance symbolise un tournant : celui d’une Afrique qui privilégie désormais l’intégration et la coopération pour maîtriser son avenir énergétique.

