À la veille d’une audience décisive au Maroc, l’avocat des 18 Sénégalais détenus provisoirement à Rabat tire la sonnette d’alarme. Patrick Kabou évoque de graves entraves aux droits de la défense et met en cause les conditions d’un procès équitable.
À l’approche du procès de 18 ressortissants sénégalais détenus à Rabat, au Maroc, les inquiétudes s’accentuent autour du respect des droits fondamentaux des prévenus. Dans une déclaration rendue publique, Me Patrick Kabou, avocat constitué dans le dossier, dénonce une situation qu’il juge « extrêmement préoccupante » sur le plan judiciaire.
Selon le conseil, le mouvement de grève observé par des confrères locaux pourrait se prolonger au-delà du 12 février, date initialement annoncée pour l’audience. Une perspective qui renforce, selon lui, l’incertitude et l’opacité entourant la procédure.
Plus grave encore, Me Kabou affirme ne disposer d’aucun accès au dossier judiciaire. « Je ne dispose pas de la procédure, je ne peux pas communiquer avec mes 18 clients et je suis très régulièrement empêché, au même titre que d’autres compatriotes, d’entrer au Tribunal de première instance de Rabat », déplore-t-il.
Ces obstacles, soutient-il, constituent une violation manifeste des principes du procès équitable et du respect des droits de la défense, pourtant garantis par les conventions internationales ratifiées par le Maroc. Face à cette situation, l’avocat appelle les autorités compétentes et les représentations diplomatiques à s’impliquer afin que la lumière soit faite sur les conditions de détention et de jugement de ces Sénégalais.

