Montée de l’insécurité : ADHA exige des autorités étatiques une réponse ferme et respectueuse des droits humains

Face à la recrudescence des agressions et des violences urbaines observées ces dernières semaines au Sénégal, l’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué rendu public à Dakar, l’organisation exhorte l’État à assumer pleinement ses responsabilités constitutionnelles afin de restaurer la sécurité, la dignité humaine et la confiance des citoyens.

L’insécurité gagne du terrain au Sénégal, suscitant inquiétude et psychose au sein des populations. Agressions en pleine journée, violences urbaines répétées et scènes largement relayées sur les réseaux sociaux traduisent, selon l’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA), une situation alarmante qui menace l’ordre public et la cohésion sociale.

Dans son communiqué daté du 7 février 2026, ADHA exprime sa vive préoccupation face à ce climat de peur qui s’installe progressivement dans l’espace public. L’organisation estime que cette montée de la violence entrave la libre circulation des personnes, fragilise le vivre-ensemble et érode la confiance envers les institutions chargées de garantir la sécurité des citoyens.

Rappelant que le Sénégal s’est longtemps illustré par sa paix et sa stabilité, ADHA juge inacceptable toute banalisation de la violence. L’organisation souligne que l’État a l’obligation constitutionnelle d’assurer la protection effective des personnes et de leurs biens, conformément à l’article 7 de la Constitution qui garantit le droit à la vie, à la liberté, à la sécurité et à l’intégrité physique.

ADHA interpelle particulièrement le ministère de l’Intérieur, l’invitant à mettre en œuvre une stratégie rigoureuse, durable et respectueuse des droits humains pour lutter contre l’insécurité.

Toute réponse sécuritaire, insiste l’organisation, doit s’inscrire dans le strict respect des lois nationales, du Code pénal, du Code de procédure pénale, ainsi que des engagements internationaux du Sénégal, notamment la Convention internationale relative aux droits civils et politiques.

Dans ce cadre, ADHA exige que toute la lumière soit faite sur les agressions récemment constatées, que les auteurs soient identifiés et traduits en justice sans complaisance, et que les sanctions prévues par la loi soient appliquées avec rigueur.

L’organisation plaide également pour le renforcement des effectifs de la police, de la gendarmerie et des agents de sécurité de proximité, accompagné d’une formation continue axée sur le respect des droits humains et la gestion non violente des conflits urbains.

Au-delà des exigences, ADHA formule plusieurs recommandations, notamment l’ouverture d’enquêtes judiciaires approfondies pour rendre justice aux victimes, l’augmentation des moyens logistiques et humains des forces de défense et de sécurité, ainsi que le renforcement des mécanismes de police communautaire fonctionnant 24h/24. L’organisation appelle aussi à des campagnes nationales de sensibilisation sur le civisme, la discipline, le respect et la responsabilité parentale, afin de restaurer les valeurs du vivre-ensemble.

Réaffirmant son attachement à l’État de droit et aux libertés fondamentales, ADHA invite enfin les citoyens à faire preuve de responsabilité, de solidarité et de civisme pour préserver la paix et la cohésion sociale.

Pape Ismaïla CAMARA
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