Marché pharmaceutique : un rapport secret alerte sur une « guerre des rentes » de 150 milliards FCFA

Un document stratégique confidentiel met en lumière une bataille de haute intensité autour du marché pharmaceutique sénégalais, où les réformes engagées par l’Autorité de Régulation Pharmaceutique (ARP) menaceraient des rentes estimées à plus de 150 milliards de FCFA, suscitant de fortes résistances de la part de puissants lobbies.

C’est une note qui « brûle les doigts ». Selon un document stratégique consulté par walf-groupe.com, l’Autorité de Régulation Pharmaceutique (ARP) ferait face à une opposition structurée et déterminée, à mesure qu’elle avance dans ses réformes visant la souveraineté sanitaire du Sénégal.

Avec un marché annuel évalué à 300 milliards de FCFA, le secteur pharmaceutique national reste fortement dépendant de l’extérieur, 95 % des médicaments étant importés. Cette situation, selon le rapport, a favorisé l’émergence de rentes captées par une minorité d’importateurs, grâce à des circuits logistiques jugés opaques.

L’ARP a engagé une offensive stratégique pour relocaliser une partie de la production et réorienter les circuits d’approvisionnement, en privilégiant le direct Asie–Afrique, au détriment des plateformes européennes traditionnelles. Une réforme qui pourrait entraîner, selon les projections, une baisse de 40 % du prix des médicaments, générant un gain macroéconomique estimé à 120 milliards de FCFA par an.

Mais ce bouleversement ne serait pas sans conséquences politiques. La note évoque un risque politique « très élevé », alertant l’Exécutif sur « une machine de guerre » en cours : campagnes de délégitimation de l’ARP, instrumentalisation du spectre de la pénurie, pressions médiatiques et recours juridiques destinés à paralyser l’institution.

Le rapport souligne que « plus les réformes produisent des effets tangibles, plus elles cristallisent des oppositions structurées ». Les récentes saisies de produits illicites, estimées à plus de 5 milliards de FCFA, et l’assainissement du marché dit « hors visa » auraient convaincu certains acteurs que l’ère de l’impunité touche à sa fin.

Face à ces « résistances systémiques », l’État sénégalais serait, selon le document, à la croisée des chemins. Reculer aujourd’hui reviendrait à restaurer les circuits opaques et à briser l’élan naissant des industriels locaux, conclut la note stratégique relayée par walf-groupe.com.

Oumou Khaïry NDIAYE
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