Le Sénégal vient de franchir un cap historique dans la lutte contre la corruption et les pratiques illégales.
Avec la loi n°13/2025 sur les lanceurs d’alerte, adoptée en août, le pays offre enfin un cadre juridique protecteur à ceux qui osent signaler des dérives, tout en rappelant qu’alerter n’est pas dénoncer.
Lancer une alerte, c’est agir pour l’intérêt général.
C’est signaler un danger, une fraude ou un abus de pouvoir de manière responsable, structurée et encadrée.
Grâce à la nouvelle loi, les citoyens peuvent désormais signaler anonymement des faits de corruption, bénéficier d’une protection contre les représailles, et même être récompensés si leur vigilance permet de récupérer des fonds détournés.
Dénoncer, en revanche, consiste à pointer directement du doigt une personne, parfois sans preuve ni cadre légal.
Cette démarche, souvent émotionnelle ou hâtive, peut transformer l’accusation en diffamation et nuire autant au lanceur qu’au présumé fautif.
La loi sénégalaise insiste : seule une alerte effectuée de bonne foi, selon les procédures établies, bénéficie d’une protection légale.
Cette distinction est capitale.
Elle dessine la ligne rouge entre responsabilité citoyenne et accusation gratuite.
En mettant en lumière des pratiques répréhensibles tout en protégeant les lanceurs d’alerte, le Sénégal pose les bases d’une culture de transparence et de gouvernance responsable.
Citoyens, journalistes, agents publics : avant de publier, partager ou accuser, interrogeons-nous : suis-je en train de lancer une alerte pour protéger la société, ou simplement de dénoncer quelqu’un pour blâmer ?
La réponse façonnera l’avenir de notre démocratie.
Par Souleymane Jules Sène