Une analyse conjointe de 350.org et Zero Carbon Analytics révèle que plus des deux tiers de la production mondiale de pétrole se trouvent dans des pays exposés à la pression ou à l’influence directe des États-Unis, mettant en lumière les risques géopolitiques et économiques d’une dépendance persistante aux combustibles fossiles.
Alors que le président américain Donald Trump s’apprête à recevoir à Washington la figure de l’opposition vénézuélienne María Corina Machado, une nouvelle étude publiée par 350.org et Zero Carbon Analytics met en évidence la concentration croissante de la production mondiale de pétrole dans des pays relevant de la sphère d’influence américaine. Selon cette analyse, 68 % de la production mondiale de pétrole et 81 % des réserves mondiales sont contrôlées par des États exposés aux pressions stratégiques de Washington.
Cette situation, expliquent les auteurs, accroît la volatilité des marchés énergétiques et expose les consommateurs comme les gouvernements à des chocs économiques récurrents. « La dépendance aux combustibles fossiles est devenue un risque pour la sécurité », avertit Andreas Sieber, responsable de la stratégie politique chez 350.org, soulignant que chaque sanction, menace ou intervention militaire se répercute immédiatement sur les prix et l’approvisionnement mondiaux.
L’étude rappelle que la stratégie de sécurité nationale américaine, parfois qualifiée de « doctrine Donroe », vise à réaffirmer la prééminence des États-Unis dans l’hémisphère occidental, dans la lignée de la doctrine Monroe de 1823. Dans les faits, 79 % de la production mondiale de pétrole se situe aujourd’hui soit dans la sphère d’influence américaine, soit sous contrôle russe, révélant une insécurité structurelle des marchés énergétiques.
Même les producteurs non directement menacés sont profondément intégrés aux systèmes militaires et financiers américains, à l’image de l’Arabie saoudite ou des Émirats arabes unis.
Pour Bridget Woodman, responsable de la politique et des finances chez Zero Carbon Analytics, cette concentration du pouvoir énergétique constitue « un signal d’alarme clair pour les pays qui continuent à privilégier les combustibles fossiles volatils plutôt que des énergies renouvelables nationales stables ».
Face à ce constat, l’étude plaide pour une accélération de la transition énergétique. Selon l’Agence internationale de l’énergie, la capacité mondiale en énergies renouvelables devrait augmenter de près de 4 600 gigawatts entre 2025 et 2030, confirmant que l’éolien, le solaire et le stockage par batterie ne sont pas seulement des solutions climatiques, mais aussi de véritables stratégies de sécurité à long terme, comme le rappellent 350.org et Zero Carbon Analytics.

