À l’occasion de la Journée mondiale des migrants, l’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) tire la sonnette d’alarme sur la situation préoccupante des personnes en mobilité, marquée par des violations massives des droits humains, des réseaux criminels actifs et l’absence de réponses structurelles adaptées.
À l’occasion de la Journée mondiale des migrants, célébrée le 18 décembre, l’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) dresse un constat sévère : aucune avancée significative n’a été enregistrée dans la protection effective des droits des migrants, alors même que les situations de vulnérabilité et d’exploitation persistent à grande échelle, selon un communiqué de l’ADHA.
Contrairement aux perceptions dominantes, l’organisation rappelle que la migration est avant tout intra-africaine. La majorité des migrants se déplacent à l’intérieur du continent, souvent sans cadre juridique protecteur, exposés à des abus, à l’exploitation et à de graves violations de leurs droits fondamentaux. Cette réalité demeure largement invisibilisée dans les débats internationaux, focalisés sur les flux vers l’Europe.
Entre le 1er janvier et le 15 décembre 2025, 32 212 migrants ont atteint l’archipel espagnol à bord de 1 209 pirogues de fortune. Bien que ce chiffre soit en baisse par rapport aux 57 833 arrivées enregistrées en 2024, l’ADHA estime que ces données restent alarmantes et ne reflètent qu’une fraction de la réalité migratoire, celle qui parvient aux frontières européennes, laissant dans l’ombre des milliers de migrants bloqués ou victimes d’abus sur les routes africaines.
L’ADHA alerte également sur l’ampleur du trafic illicite de migrants et de la traite des personnes. De nombreuses personnes vulnérables sont recrutées sous de fausses promesses d’emploi, de formation ou de réussite professionnelle, avant d’être transportées et exploitées par des réseaux criminels bien organisés.
Des cas récents illustrent la gravité de la situation. L’organisation cite notamment le décès du jeune footballeur sénégalais Cheikh Touré, retrouvé sans vie à Kumasi, au Ghana, après avoir quitté son pays dans l’espoir d’une carrière sportive, mais victime de réseaux exploitant les rêves de la jeunesse africaine. Par ailleurs, des jeunes femmes africaines ont été trompées, vendues et exploitées dans plusieurs pays de la sous-région. Quinze d’entre elles ont été identifiées comme victimes d’un réseau international démantelé en novembre 2025 à Ziguinchor par la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants.
Pour l’ADHA, ces drames démontrent que la migration irrégulière ne se limite pas au franchissement de frontières, mais s’inscrit dans un système d’abus, d’exploitation et de criminalité organisée, dont les migrants demeurent les principales victimes. L’organisation souligne que les causes profondes de la migration – pauvreté, chômage, conflits, instabilité et absence de perspectives – restent intactes, tandis que les réponses des États se limitent trop souvent à des approches sécuritaires.
Refusant les déclarations purement symboliques, l’Action pour les Droits Humains et l’Amitié appelle les États africains, européens et la communauté internationale à un changement urgent de paradigme. Pour l’organisation, la Journée mondiale des migrants doit être un moment de vérité, de responsabilité et surtout d’actions concrètes en faveur de politiques migratoires humaines, solidaires et conformes au droit international, selon l’ADHA.
L’ADHA réaffirme enfin son engagement indéfectible pour le respect des droits humains, la dignité et la protection des migrants, appelant à des mécanismes efficaces de prévention, de protection et de prise en charge des victimes de la migration irrégulière et des réseaux criminels.

