Histoire motivante de la FAO : Une force mécanique qui émancipe, Cinq exemples démontrant comment l’Afrique réécrit l’histoire de sa mécanisation agricole

Aujourd’hui, une nouvelle vague d’innovation est en train de redéfinir le sens de la mécanisation dans l’agriculture, en particulier dans l’agriculture africaine. Les premiers efforts de mécanisation sur le continent africain, en particulier dans les années 1960 et 1970, ont suscité de grands espoirs, mais ont donné des résultats limités.

Il arrivait souvent que les gros tracteurs et les machines importées ne soient pas bien adaptés aux utilisateurs et aux réalités locales, à savoir les petites parcelles, le mauvais état des réseaux routiers et le manque d’accès aux pièces détachées et aux services de réparation. De nombreux programmes s’essoufflaient une fois que le matériel tombait en panne ou que les coûts de maintenance ou de fonctionnement devenaient trop élevés.

À présent, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui met l’accent sur la durabilité, l’inclusion et l’innovation locale, travaille avec des pays de toute l’Afrique afin de déployer des machines qui sont adaptées au contexte, facilitent les tâches pénibles et ouvrent des portes aux femmes et aux jeunes.

Voici cinq pays dans lesquels les agriculteurs renforcent considérablement leurs moyens de subsistance agricoles grâce à la mécanisation agricole.

  1. Ghana: Une transformation du fonio plus rapide

Au Ghana, une collaboration entre la FAO, le Ministère de l’alimentation et de l’agriculture du pays et l’Ambassadrice régionale de bonne volonté de la FAO, la cheffe Fatmata Binta, aide des agricultrices à transformer plus efficacement le fonio.

Le fonio est une céréale ancienne nutritive. Sa transformation demande beaucoup de main‑d’œuvre, car les gerbes sont généralement battues pour détacher les graines, qui sont ensuite lavées et séchées, le tout entièrement à la main, selon un processus qui peut prendre jusqu’à trois jours.

Les graines étant extrêmement petites, elles sont souvent contaminées par du sable, qui vient s’y mêler lors de la récolte et de la transformation. En effet, une fois lavées, les graines sont souvent séchées à même le sol, ce qui peut entraîner l’ajout d’impuretés et oblige donc les consommateurs à les laver de nouveau pour faire en sorte qu’elles soient propres et prêtes à être cuisinées.

Dans le cadre du projet, de nouvelles machines permettant de décortiquer et de moudre les graines très rapidement ont été mises en service. Des techniques de séchage hors sol ont également été mises en place, ce qui a permis d’obtenir, d’une manière générale, des graines plus sûres et de meilleure qualité, qui se vendent à des prix plus élevés sur le marché.

  1. Nigéria: Des drones prennent en main les cultures

Au Nigéria, Femi Adekoya, que l’on appelle l’«agriculteur volant», utilise des drones agricoles pour transformer le mode de gestion des cultures dans les petites et moyennes exploitations. Il utilise ces machines de pointe pour surveiller les cultures et cartographier les champs, ce qui aide les agriculteurs à détecter les infestations d’organismes nuisibles, les carences en nutriments et le stress hydrique.

Les drones sont aussi utilisés pour pulvériser avec précision des pesticides et des engrais liquides, ce qui permet de maîtriser l’application, de réduire l’utilisation de produits chimiques, de faire baisser les coûts et d’améliorer la sécurité.

  1. Adekoya ne se contente pas de faire fonctionner les drones lui-même, il forme d’autres jeunes agro-entrepreneurs à l’utilisation et à la maintenance des drones, ainsi qu’à l’interprétation des données obtenues, et crée ainsi des possibilités entrepreneuriales axées sur les services dans les zones rurales.

Son travail a été relayé lors de manifestations régionales et internationales par la FAO, qui a ainsi mis lumière de nouvelles perspectives en matière d’emplois des jeunes tout au long des chaînes de valeur des produits, dans des systèmes agroalimentaires modernes et portés par la technologie.

  1. Robots agricoles en République-Unie de Tanzanie

À l’Université agricole Sokoine, en République-Unie de Tanzanie, des ingénieurs du laboratoire d’électronique et d’agriculture de précision ont mis au point un «robot agricole» qui se déplace méthodiquement d’une rangée de culture à une autre pour pulvériser des intrants avec précision et efficacité. L’université, en collaboration avec le secteur privé, est également en train de mettre au point le tracteur «Mobi Power», une machine compacte, multifonctionnelle et fabriquée localement qui permet de labourer, planter, pulvériser, faucher et transporter.

Grâce à sa petite taille, il est capable de manœuvrer dans les chemins étroits et les parcelles irrégulières que l’on trouve généralement dans les petites exploitations. En outre, le fait qu’il soit produit localement rend sa maintenance et ses réparations plus abordables et plus faciles d’accès.

Ces innovations sont représentatives du type de solutions de mécanisation inclusives et adaptées au contexte que la FAO promeut dans le cadre de ses orientations sur les politiques, des écoles pratiques d’agriculture, de démonstrations organisées lors de rassemblements multipartites et d’autres mécanismes de partage de connaissances.

  1. Rwanda: Émergence d’innovateurs ruraux

Au Rwanda, une initiative nationale née lors du Défi mondial de l’innovation de la FAO consacré à la mécanisation agricole durable s’appuie sur des solutions mobilisant les jeunes. Par l’intermédiaire des écoles pratiques d’agriculture, les petits exploitants peuvent désormais accéder à des outils pratiques, notamment des séchoirs mobiles solaires à céréales et à tubercules, des broyeurs de manioc et des batteuses mécanisées, afin de limiter autant que possible le travail manuel, de gagner du temps et de réduire les pertes après récolte.

Grâce au financement et au soutien technique de la FAO, des jeunes sont formés aux métiers d’opérateur de machines, de technicien et d’entrepreneur prestataire de services, dans le cadre du projet. En associant l’apprentissage sur le terrain et le mentorat entrepreneurial, l’initiative contribue à la création d’une génération d’innovateurs ruraux qui considèrent que la mécanisation ne va pas se substituer au travail, mais créer de meilleurs emplois plus qualifiés.

  1. Bénin: Un travail mécanisé et non plus manuel

Dans toute l’Afrique, les femmes sont la colonne vertébrale des systèmes agroalimentaires. Pourtant, les outils qu’elles utilisent sont parfois rudimentaires et demandent des heures de travail manuel difficile. Dans le cadre d’un projet mis en œuvre par la FAO et financé par l’Agence de coopération internationale de l’Allemagne (GIZ), des machines pratiques et faciles à utiliser permettant de transformer le riz, le manioc et le soja ont été mises à disposition dans 15 coopératives.

Grâce au projet, le travail manuel éreintant est désormais effectué au moyen d’outils mécanisés de petite taille, notamment une décortiqueuse et une étuveuse de riz, ainsi qu’une déchiqueteuse de manioc qui broie la racine dure épluchée pour en faire une purée qui sera séchée, puis transformée en gari ou en farine.

Comme elles peuvent produire davantage en moins de temps et fabriquer des produits de meilleure qualité, les femmes ont pu mener à bien des activités de transformation rentables et approvisionner des marchés locaux.

En offrant des espaces neutres permettant de mettre en commun et de présenter des solutions mises au point localement qui répondent aux besoins des agriculteurs, la FAO contribue à l’accélération de l’apprentissage et au déploiement à plus grande échelle de la mécanisation agricole durable dans toute l’Afrique.

Source: https://www.fao.org/newsroom/story/machine-power-that-empowers/fr

Momar Diack SECK
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