Guinée-Bissau : un retour discret d’Embaló annoncé, la société civile appelle à une manifestation nationale

Alors que la CEDEAO et l’Union africaine ont suspendu la Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embaló serait revenu discrètement au pays après le coup d’État du 26 novembre. Les organisations de la société civile appellent à une mobilisation massive le 12 décembre.

La situation politique en Guinée-Bissau entre dans une nouvelle zone de turbulence. Selon plusieurs sources diplomatiques, le président contesté Umaro Sissoco Embaló est rentré discrètement dans le pays après avoir été évacué vers Dakar à la suite du coup d’État militaire du 26 novembre.

Les mêmes sources affirment que l’ancien chef d’État « contrôle encore ses fidèles » au sein du pouvoir. Le gouvernement de transition annoncé par les putschistes est en grande partie composé de proches d’Embaló, dont le général Horta Inta-A, désormais président de transition, et Ilídio Vieira Té, ancien directeur de campagne d’Embaló lors de l’élection du 23 novembre.

Depuis le coup d’État, Embaló aurait transité par Dakar, Brazzaville et le Maroc avant de regagner la Guinée-Bissau. La CEDEAO et l’Union africaine ont suspendu le pays, dénonçant une prise de pouvoir anticonstitutionnelle.

Treize organisations de la société civile ont appelé à une mobilisation nationale le vendredi 12 décembre pour dénoncer le coup d’État et exiger la proclamation des résultats du scrutin présidentiel du 23 novembre, en faveur du candidat indépendant Fernando Dias. Ce dernier est actuellement protégé par le Nigeria, qui a également déployé 500 soldats dans le cadre de la Mission d’appui à la stabilisation (MESSB).

La tension monte également au niveau régional, après une tentative de coup d’État au Bénin récemment déjouée avec l’appui d’Abuja. Les dirigeants de la CEDEAO doivent se réunir le 14 décembre pour réévaluer la situation sécuritaire dans un contexte où cinq États membres vivent sous régime militaire.

Momar Diack SECK
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