Dans une déclaration politique rendue publique le 10 janvier 2026, l’Alliance Pour la République (APR) dresse un tableau sombre de la situation nationale, tout en rejetant avec vigueur les orientations institutionnelles annoncées par le pouvoir. Le parti de l’ancien président Macky Sall accuse l’Exécutif d’incurie, de dérives graves et d’incapacité à gouverner.
L’Alliance Pour la République a ouvert sa déclaration par un message de compassion à l’endroit des victimes de l’accident survenu vers Farafegne, priant pour le repos de leur âme. Au-delà de cet hommage, le parti d’opposition dresse un réquisitoire sévère contre la gouvernance actuelle, qualifiant l’année 2025 de l’une des plus éprouvantes pour le peuple sénégalais.
Selon l’APR, les Sénégalais seraient abandonnés face à une crise multidimensionnelle – politique, économique, sociale et morale – jugée « exceptionnellement grave ». Le parti évoque « une succession de reniements et de forfaitures » qu’il attribue à l’incompétence du régime en place.
Sur le plan économique, l’APR estime que la tournée du Président de la République en Casamance n’a débouché sur aucun acte structurant, dénonçant une simple « appropriation des projets du régime sortant ». Elle rejette également le message à la Nation, accusé de ne proposer aucune perspective crédible de redressement, hormis des réformes constitutionnelles annoncées par voie parlementaire, que le parti dit refuser « avec la dernière énergie ».
Pour l’APR, le problème du Sénégal n’est pas institutionnel, rappelant que le pays a connu trois alternances démocratiques et pacifiques. Il serait avant tout économique, social et lié à une gouvernance en deçà des standards requis. Le parti s’oppose ainsi à toute remise en cause du dispositif électoral, jugeant inutile la création d’une CENI et réaffirmant la pertinence de la CENA.
La déclaration s’attaque frontalement au tandem exécutif, accusé de plonger le pays dans un blocage économique, une diplomatie affaiblie, un système éducatif abandonné, une agriculture en crise et un chômage massif. L’APR dénonce également une lutte interne au sommet de l’État, présentée comme un facteur majeur d’instabilité.
Le Premier ministre Ousmane Sonko est particulièrement visé. Le parti l’accuse d’obsession présidentielle en vue de 2029 et de vouloir fragiliser l’État de droit à travers la judiciarisation de l’espace public, notamment dans le dossier l’opposant à Mame Mbaye Niang. L’APR en appelle aux magistrats de la Cour suprême pour qu’ils ne cèdent à aucune pression politique.
Enfin, l’Alliance Pour la République estime que le salut du Sénégal passe par la défaite politique du Pastef, seule voie, selon elle, pour sortir le pays du marasme. La déclaration se conclut toutefois sur une note sportive, saluant la qualification des Lions du Sénégal en demi-finale de la CAN, source de fierté nationale.

