L’actualité récente a mis en lumière un épisode singulier impliquant deux agents de l’Office Central de Répression du Trafic Illicite de Stupéfiants (OCRTIS). Initialement interpellés par les services de gendarmerie pour une supposée détention de produits illicites, ces fonctionnaires ont bénéficié d’un blanchiment total devant le parquet de Dakar. Le procureur a en effet ordonné un classement sans suite, l’examen du dossier ayant révélé une absence de charges et des accusations dénuées de toute consistance.
Le risque de l’instrumentalisation criminelle
Au cœur de cet imbroglio se dessine une réalité que les observateurs du milieu sécuritaire redoutent souvent : la capacité de nuisance des réseaux criminels. Il semblerait que l’interpellation des agents trouve son origine dans les déclarations d’un individu bien connu des services, identifié sous les initiales B.D. Ce dernier, ayant par le passé eu affaire à la Sûreté Urbaine (SU) et à l’OCRTIS pour trafic dans le secteur de la Médina, aurait pu tenter de déstabiliser ceux qui l’avaient mis hors d’état de nuire.
Cet incident, bien que regrettable, illustre la difficulté pour les forces de l’ordre de manœuvrer sans être exposées à des tentatives de « vendetta » de la part de réseaux cherchant à exploiter les procédures pour ternir l’image des institutions.
Une question de procédure et de transparence interne
Sur le plan opérationnel, la défense des agents s’est appuyée sur une traçabilité rigoureuse. Leurs mouvements étaient, semble-t-il, dûment consignés dans le registre de la main courante (mentions 180 et 181), attestant de leur présence sur le terrain dans le cadre d’une mission de service.
Si le Directeur de l’OCRTIS dispose, selon les articles 127 à 129 du Code de procédure pénale, de la latitude nécessaire pour superviser des opérations sensibles comme les livraisons surveillées, la suite donnée à cette affaire pose la question de la fluidité de la communication entre les différents corps de l’État. Le déferrement de ces agents, malgré les clarifications apportées, souligne parfois un manque de synergie qui pourrait, à terme, fragiliser l’efficacité globale de la lutte contre les stupéfiants.
Vers une nécessaire cohésion
Pour beaucoup, cet événement devrait servir de leçon pour renforcer la solidarité entre les unités d’élite. Si la justice a su faire preuve de discernement en écartant des manœuvres de diversion, l’opinion publique et les acteurs de la sécurité s’accordent sur un point : la sérénité du pays repose sur une collaboration étroite.
La mission de protection de la jeunesse face au fléau de la drogue est une tâche de longue haleine. Elle appelle non seulement des moyens accrus, mais surtout une volonté partagée d’éviter que des malentendus institutionnels ne fassent le jeu de ceux que la loi cherche précisément à combattre.
De Papa S Traoré

