Le Sénégal accueille cette semaine un double rendez-vous majeur de la gouvernance démocratique africaine : le Symposium international 2025 et la onzième Assemblée générale du Réseau des structures de gestion électorale en Afrique de l’Ouest (RESAO). Ces rencontres se tiennent à Dakar, les mercredi 12 et jeudi 13 novembre, autour du thème : « Mettre l’intelligence artificielle au service de l’intégrité électorale ».
Réunis à Dakar les 12 et 13 novembre 2025, les responsables électoraux d’Afrique de l’Ouest participent au Symposium et à la 11e Assemblée générale du Réseau des structures de gestion électorale en Afrique de l’Ouest (RESAO). Les échanges se concentrent sur un thème d’avenir : « Mettre l’intelligence artificielle (IA) au service de l’intégrité électorale ».
La cérémonie d’ouverture a été présidée au nom du ministre de l’Intérieur par M. Cheikh Niang, secrétaire général dudit ministère, en présence de représentants de l’Union européenne, de l’ambassade d’Allemagne, des présidents de commissions électorales nationales, de la Direction générale des élections et du directeur général de la CENA.
L’IA, un levier incontournable pour la transparence électorale
Dans son message de bienvenue, Abdoulaye Sylla, président de la Commission électorale nationale autonome (CENA), a souligné la nécessité d’engager une réflexion collective sur l’usage des technologies émergentes pour renforcer la transparence et la confiance dans les processus électoraux.
« L’enjeu aujourd’hui n’est plus de choisir d’utiliser ou non l’IA, mais de savoir comment l’adopter efficacement », a-t-il insisté.
Les travaux se déroulent à huis clos, conformément aux usages du RESAO, en présence d’un panel d’acteurs variés : commissaires de la CEDEAO, membres et directeurs des OGE, experts en technologies de l’information, prestataires techniques, représentants d’organisations de la société civile, ainsi que des partenaires au développement tels que l’Union africaine (UA), IDEA, IFES, EISA et le PNUD.
Un contexte électoral en quête de confiance
Plusieurs intervenants ont rappelé que les élections constituent les plus vastes opérations logistiques d’un pays en temps de paix, mobilisant juristes, communicateurs, logisticiens, experts en TIC et spécialistes de la gouvernance. Pourtant, malgré ces efforts, le déficit de confiance du public envers les processus électoraux demeure un défi majeur dans nombre de démocraties émergentes ouest-africaines.
Pour y remédier, les administrateurs électoraux ont déjà introduit diverses innovations, telles que l’enregistrement biométrique, l’authentification des électeurs ou encore la transmission électronique des résultats. Cependant, la nouvelle étape technologique se joue désormais sur le terrain de l’intelligence artificielle, dont les usages promettent de révolutionner les modes de gestion, d’analyse et de sécurisation du vote.
L’intelligence artificielle, une frontière à franchir avec prudence
Si l’IA peut améliorer l’efficacité opérationnelle des organes de gestion électorale — par exemple dans l’enregistrement ou la vérification des listes — elle pose aussi des questions éthiques majeures. Les débats actuels, souvent centrés sur les risques de désinformation et de manipulation politique, invitent les institutions à établir des garde-fous clairs.
Les organisateurs du symposium insistent sur la nécessité de développer des cadres juridiques et réglementaires adaptés, tout en préservant les principes de transparence, de responsabilité et de respect des droits humains.
Un espace d’échanges pour bâtir la confiance régionale
Créé en 2008, le RESAO regroupe les organes de gestion électorale (OGE) de l’Afrique de l’Ouest. Sa mission est de promouvoir des élections pacifiques, équitables et crédibles, reconnues par l’ensemble des acteurs politiques. Le réseau mène pour cela des programmes de formation, des recherches thématiques, ainsi que des ateliers d’apprentissage entre pairs.
L’édition 2025, organisée en partenariat avec Yiaga Africa, vise à explorer les opportunités offertes par l’IA pour améliorer la transparence, l’efficacité et la confiance dans les scrutins de la région.
Les attentes du symposium portent notamment sur :
une meilleure compréhension des opportunités et risques liés à l’IA électorale ;
des recommandations concrètes pour une intégration responsable de ces technologies ;
et l’élaboration de principes directeurs capables d’éclairer les futures politiques nationales en matière d’innovation électorale.
Vers une nouvelle ère de gouvernance électorale
À l’heure où la révolution numérique transforme la gouvernance mondiale, le RESAO entend positionner l’Afrique de l’Ouest à l’avant-garde d’une utilisation éthique et stratégique de l’intelligence artificielle. L’objectif : que la technologie soit un outil au service de la démocratie, et non un facteur d’opacité ou de méfiance.

