Au-delà de la Volonté Divine, lorsque la mort survient, elle ne choisit ni le lieu ni le moment. L’image est d’autant plus frappante que notre confrère Georges est tombé en plein exercice de sa profession, au service de l’information.
Il est parti les armes à la main, si l’on peut ainsi parler du métier de journaliste, engagé jusqu’au bout pour délivrer une information juste à son peuple, avec amour et dévouement, malgré des conditions de travail de plus en plus précaires.
Depuis plus de deux ans, la presse sénégalaise traverse une période particulièrement difficile, comme elle n’en avait peut-être jamais connue auparavant. Les contraintes économiques, les retards de paiements, la fragilité des entreprises de presse et la pression constante pèsent lourdement sur les professionnels des médias. Beaucoup travaillent dans des conditions éprouvantes, avec un stress permanent et peu de garanties sociales.
Ces dernières années, plusieurs confrères nous ont quittés à la suite de malaises. Il devient légitime de s’interroger : de quels malaises parle-t-on réellement ?
Derrière ce mot, souvent employé de manière pudique, peuvent se cacher la fatigue extrême, le stress chronique, l’angoisse financière, la surcharge de travail ou encore des problèmes de santé aggravés par la précarité.
Il est peut-être temps d’ouvrir une réflexion sérieuse sur les conditions de travail des journalistes au Sénégal. Informer est une mission noble, mais elle ne devrait pas se faire au prix de la santé, voire de la vie, de ceux qui la portent.
La disparition de Georges doit nous interpeller collectivement : autorités, patrons de presse, organisations professionnelles et acteurs du secteur. La dignité du métier passe aussi par la protection de celles et ceux qui l’exercent.

