La Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar (CCIAD) a servi de cadre, hier vendredi, à la cérémonie officielle de remise d’attestations aux bénéficiaires du projet de migration circulaire dénommé « Compass », une initiative adossée au programme européen INTERREG VI-D Madère-Açores-Canaries (MAC) 2021-2027. À travers cette rencontre, les autorités consulaires, les partenaires espagnols et les représentants de l’État ont réaffirmé leur volonté commune de faire de la mobilité professionnelle un levier structurant de développement.
Une coopération territoriale au service de l’employabilité
Le projet Compass s’inscrit dans le cadre du programme de coopération territoriale INTERREG VI-D MAC 2021-2027, porté par l’Union européenne, et mis en œuvre en partenariat avec la CCIAD et des acteurs institutionnels espagnols. L’objectif est clair : favoriser une coopération régionale dynamique entre les territoires partenaires tout en créant des passerelles professionnelles sûres et encadrées.
En ouvrant la cérémonie dans le Hall de l’institution consulaire, Abdoulaye Sow, président de la CCIAD, a salué la présence du représentant de la Chambre de Commerce espagnole ainsi que l’ensemble des personnalités ayant répondu à l’invitation.
Il a exprimé sa fierté de présider cette remise d’attestations aux lauréats d’un projet qu’il considère comme stratégique pour la jeunesse sénégalaise.
Selon lui, Compass s’inscrit dans « une dynamique essentielle pour notre pays » : transformer la mobilité en opportunité plutôt qu’en contrainte.
En mettant l’accent sur la formation qualifiante, l’employabilité et la migration circulaire, le programme apporte une réponse concrète aux défis persistants de l’insertion professionnelle.
Une migration « gagnant-gagnant »
Le président de la CCIAD a insisté sur la notion de migration circulaire, présentée comme une approche équilibrée et mutuellement bénéfique. Lorsqu’elle est bien encadrée, a-t-il souligné, elle constitue :
- Une opportunité pour les bénéficiaires, qui renforcent leurs compétences et améliorent leur employabilité ;
- Un atout pour les pays d’accueil, qui profitent de ressources humaines qualifiées ;
- Un gain pour le Sénégal, qui voit revenir des femmes et des hommes porteurs d’expériences, de savoir-faire et de nouvelles valeurs professionnelles.
Il a encouragé les lauréats à considérer leur attestation non comme un aboutissement, mais comme le point de départ d’un nouveau parcours fondé sur la responsabilité et l’engagement. « Le capital humain est la première richesse de notre pays », a-t-il rappelé, réaffirmant l’engagement de la Chambre à soutenir toute initiative rapprochant la formation des besoins réels du marché du travail.
L’État réaffirme son engagement
Représentant le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ndiol Gaye Sène a, à son tour, félicité les lauréats pour leur détermination à se former dans un contexte de mutation rapide des marchés de l’emploi. Il a salué la CCIAD pour son rôle central dans la mise en œuvre du projet, mettant en avant son expertise institutionnelle et sa proximité avec le secteur privé.
Le représentant du ministre a également rendu hommage à l’école IFMED pour la qualité de son apport académique et pédagogique, garantissant une formation alignée sur les standards et exigences du marché, aussi bien national qu’international.
Pour lui, Compass répond à un enjeu majeur de notre époque : offrir des perspectives concrètes d’insertion tout en structurant des passerelles légales et bénéfiques entre marchés du travail. « La formation devient ainsi un outil puissant d’autonomisation et de création de valeur », a-t-il affirmé, avant de réitérer l’engagement du gouvernement en faveur d’une mobilité internationale ordonnée et porteuse de développement.
Quatre mois de formation qualifiante
Pour rappel, le projet COMPASS vise à promouvoir une mobilité professionnelle régulière, sûre et encadrée, tout en renforçant durablement les compétences des bénéficiaires. Rigoureusement sélectionnés, les récipiendaires ont suivi quatre mois de formation dans des filières techniques stratégiques telles que :
La plomberie ;
La maçonnerie ;
La prévention des risques professionnels ;
La pratique de la langue espagnole.
Au-delà des savoir-faire techniques, le programme a intégré un accompagnement structuré afin de préparer les participants aux exigences du marché international et aux réalités de la mobilité professionnelle.
Une vision moderne de la coopération
Prenant la parole au nom des bénéficiaires, la porte-parole Fatou Fall Cissé s’est réjouie de la qualité de la formation reçue. Elle a qualifié Compass de « vision moderne de la coopération internationale », fondée sur le transfert de compétences, l’ouverture et une mobilité régulière et encadrée.
Selon elle, le projet démontre qu’il est possible de concilier aspiration à la mobilité et contribution au développement national. En favorisant les allers-retours professionnels et le partage d’expériences, COMPASS participe à la construction d’un modèle de migration responsable et bénéfique pour les territoires d’origine comme de destination.
Vers un modèle durable et inclusif
En clôturant son intervention, Abdoulaye Sow a formulé le vœu que cette expérience inspire d’autres programmes similaires, afin que la migration circulaire s’impose progressivement comme un véritable outil de développement durable, inclusif et partagé.
À travers cette cérémonie, la CCIAD et ses partenaires ont envoyé un signal fort : l’avenir économique du Sénégal repose sur la valorisation du capital humain, l’adéquation formation-emploi et l’instauration de mécanismes de mobilité professionnelle sûrs, structurés et mutuellement avantageux.
Le projet Compass apparaît ainsi comme un laboratoire concret d’une coopération renouvelée entre le Sénégal et ses partenaires européens, au service d’une jeunesse formée, qualifiée et tournée vers l’excellence.

