Réunis en congrès national dans un contexte de fortes tensions sociales, les médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes affiliés au SAMES ont dressé un réquisitoire sévère contre l’état du système de santé public sénégalais. Le syndicat prévient : l’année 2026 pourrait être marquée par une intensification des luttes.
Selon walf-groupe.com, le Syndicat Autonome des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes du Sénégal (SAMES) a tenu, ce samedi, son Congrès national dans un climat de crispation persistante au sein du secteur de la santé. Placées sous le thème : « Recrutement, motivation et rétention des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes : quelles réponses syndicales durables ? », les assises ont servi de tribune à un diagnostic sans concession du système sanitaire public.
Prenant la parole, le secrétaire général du SAMES, Demba Ndour, a dénoncé un hôpital public devenu « non attractif », miné par la précarité des conditions de travail et l’absence de perspectives de carrière. Selon lui, le paradoxe est criant : alors que le Sénégal affiche des ratios historiquement faibles de professionnels de santé par habitant, de nombreux jeunes diplômés issus des facultés de médecine demeurent sans emploi ou se voient proposer des contrats qualifiés de « léonins et déshumanisants ».
Pour le SAMES, cette situation, imputée à l’État, nourrit une fuite massive des cerveaux vers le privé ou l’étranger, au détriment de la souveraineté sanitaire du pays. « Cette précarité organisée est une bombe à retardement », a averti Demba Ndour.
Sur le plan syndical, le ton s’est durci. Le secrétaire général a estimé que le pacte de stabilité sociale, pourtant respecté par les syndicats, n’a pas été honoré par la partie gouvernementale. « Nous avons fait preuve de responsabilité, mais les promesses n’ont pas été tenues », a-t-il martelé, annonçant que 2026 sera une année hautement syndicale, marquée par une présence accrue « sur le terrain ».
Malgré cette posture combative, toujours selon walf-groupe.com, le SAMES se veut également force de propositions. Le syndicat appelle à une introspection profonde de l’État afin de revaloriser les salaires, intégrer les jeunes diplômés dans le circuit public et offrir des carrières dignes aux agents de santé. À défaut, prévient-il, le système de santé sénégalais court vers un effondrement irréversible.

